| Hommage à Valérie Garbani |
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| Lundi, 29 Juin 2009 21:38 | |||
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Portrait de Valérie Garbani en fumeuse de Gitanes
« Elle est une fumeuse de Gitanes Excusez mon blasphème, M. le Président. J'ai voulu placer cette paraphrase d'une chanson de Gainsbourg en introduction de ce discours, comme une note de fond qui m'a accompagné dans la rédaction de ce portrait que j'ai donc intitulé « portrait de Valérie Garbani en fumeuse de Gitanes ». Un portrait en clair, où je pourrai déclamer la liste de vos mérites Valérie, souligner votre côté déterminé, entraînant, de vraies qualité de femme d'exécutif, qui sait trancher sans atermoiements. Je pourrai aussi souligner une vraie ouverture d'esprit et une volonté de bousculer les positions figées qui, associés, permettent de comprendre les problèmes et d'y apporter des réponses directes, sans a priori idéologique. En comparaison des quelques pousses au discours bien-pensant élevées dans les cultures socialistes que nous aurions pu croiser dans ces murs, cette fraîcheur et cette indépendance d'esprit nous ont plu, je dirais même soulagés. Nous avons pu nous féliciter d'un vrai échange en commissions et en séances préparatoires, et oublier l'ennui des arguments trop souvent ressassés sur le consensus, le développement durable, l'égalité des chances, les processus décisionnels participatifs, et j'en oublie. Mais voilà , vous êtes la spécialiste du paradoxe, ou du jusqu'au-boutisme, je ne sais pas. Cette même indépendance, cet esprit de contradiction dont vous avez fait preuve dans vos rangs, vous les avez poussés à vous-même sous une forme plus déconcertante. La contradiction est devenue provocation, et le portrait s'est fait plus obscur, avec une pointe bien affutée d'auto-destruction. Si on voulait l'exprimer autrement, en langage rock'n'roll, on dirait destroy, et ça donne un genre qui se marie bien avec la Harley. En politique, on appellerait ça dépasser les bornes, et ça fait les choux de ses adversaires, un peu, et des medias, beaucoup. En réfléchissant à comment j'allais m'adresser à vous, Valérie, j'ai longtemps hésité: le vouvoiement est de mise dans le cadre du Conseil général, mais bon, ne peut-on pas s'autoriser un peu de familiarité, de complicité, pour s'adresser à la personne qu'on avait tutoyée après 3 ou 4 séances? Ne ressent-on pas spontanément avec vous une proximité qui nous pousse à vous donner du Valérie-tu dès les premières rencontres ? C'est que, moins que personne à ce jour, vous n'avez voulu, ou pu tracer les limites entre votre personne et votre rôle, entre votre spontanéité naturelle et le personnage public assorti de la réserve que sa fonction impose. Pour ne rien arranger, vous vous êtres trouvée dans une conjonction détonante entre votre nature directe, voire candide, et un insatiable besoin de mise en scène de la vie privée des gens que l'on retrouve aujourd'hui dans certains medias. Contradiction et paradoxe, là encore. Et toujours il me semble entendre au travers de ces épisodes déconcertants une voix voilée par la fumée des Gitanes qui sans détour nous enjoint : « Aimez-moi, nom de Dieu ».  Jean-Charles Authier
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