Hommage à Valérie Garbani

Portrait de Valérie Garbani en fumeuse de Gitanes

« Elle est une fumeuse de Gitanes
Pour cette dernière fois elle veut
Encore se voir briller dans nos yeux
Aimez-la nom de Dieu »

Excusez mon blasphème, M. le Président. J'ai voulu placer cette paraphrase d'une chanson de Gainsbourg en introduction de ce discours, comme une note de fond qui m'a accompagné dans la rédaction de ce portrait que j'ai donc intitulé « portrait de Valérie Garbani en fumeuse de Gitanes ».

Un portrait en clair, où je pourrai déclamer la liste de vos mérites Valérie, souligner votre côté déterminé, entraînant, de vraies qualité de femme d'exécutif, qui sait trancher sans atermoiements. Je pourrai aussi souligner une vraie ouverture d'esprit et une volonté de bousculer les positions figées qui, associés, permettent de comprendre les problèmes et d'y apporter des réponses directes, sans a priori idéologique. En comparaison des quelques pousses au discours bien-pensant élevées dans les cultures socialistes que nous aurions pu croiser dans ces murs, cette fraîcheur et cette indépendance d'esprit nous ont plu, je dirais même soulagés. Nous avons pu nous féliciter d'un vrai échange en commissions et en séances préparatoires, et oublier l'ennui des arguments trop souvent ressassés sur le consensus, le développement durable, l'égalité des chances, les processus décisionnels participatifs, et j'en oublie.

Mais voilà, vous êtes la spécialiste du paradoxe, ou du jusqu'au-boutisme, je ne sais pas. Cette même indépendance, cet esprit de contradiction dont vous avez fait preuve dans vos rangs, vous les avez poussés à vous-même sous une forme plus déconcertante. La contradiction est devenue provocation, et le portrait s'est fait plus obscur, avec une pointe bien affutée d'auto-destruction. Si on voulait l'exprimer autrement, en langage rock'n'roll, on dirait destroy, et ça donne un genre qui se marie bien avec la Harley. En politique, on appellerait ça dépasser les bornes, et ça fait les choux de ses adversaires, un peu, et des medias, beaucoup.

En réfléchissant à comment j'allais m'adresser à vous, Valérie, j'ai longtemps hésité: le vouvoiement est de mise dans le cadre du Conseil général, mais bon, ne peut-on pas s'autoriser un peu de familiarité, de complicité, pour s'adresser à la personne qu'on avait tutoyée après 3 ou 4 séances? Ne ressent-on pas spontanément avec vous une proximité qui nous pousse à vous donner du Valérie-tu dès les premières rencontres ?

C'est que, moins que personne à ce jour, vous n'avez voulu, ou pu tracer les limites entre votre personne et votre rôle, entre votre spontanéité naturelle et le personnage public assorti de la réserve que sa fonction impose.
Et un soir ou l'autre où il aurait mieux valu faire valoir la retenue de la Conseillère Communale, vous avez joué Valérie, jusqu'au bout.
Et c'est là que me revient cette petite mélodie
« Je ne suis qu'une fumeuse de Gitanes, que veux-tu c'est ainsi ».

Pour ne rien arranger, vous vous êtres trouvée dans une conjonction détonante entre votre nature directe, voire candide, et un insatiable besoin de mise en scène de la vie privée des gens que l'on retrouve aujourd'hui dans certains medias.
C'est ainsi qu'après les tentatives sûrement bien intentionnées mais maladroites de la presse locale de minimiser, voire de couvrir quelques débordements - que chacun connaissait - sont entrés en jeu les vrais pros de l'info, ceux qui on flairé une bonne cliente et qui savent que tout peut être donné, ou plutôt vendu, à voir et à entendre.
Je ne sais pas comment décrire ce qui a suivi, sauf que nous tous, et vous-même, avons complètement été dépassés par cette mise en vitrine. La confusion a été totale. Les faits n'importaient plus. Tout n'était que prétexte à susciter prises de positions politiques ou morales, à publier des élans de sympathie ou d'hostilité. Il n'y avait plus un personnage public dont les actes et les dires devraient être jugés pour tels et une personne dont la vie privée demandait à être respectée: Il n'y avait plus que l'actrice maintenant involontaire d'un show qui se déroulait dans notre ville et sur lequel chacun se sentait toute légitimité de se prononcer.
Ne manquaient que la caméra dans la salle du Conseil communal et dans votre cuisine. Votre vie ne vous appartenait plus.

Maintenant qu'en quittant cette fonction, vous indiquez clairement vouloir reprendre le contrôle de votre vie privée, j'ai choisi. J'ai choisi d'utiliser un vous qui prenne acte de cette volonté, un vous qui impose une distance, un vous manifeste contre ceux que Mitterrand (François, pas Frédéric) appelait les chiens, les chiens qui pourraient encore être tentés de croire qu'ils pourront exposer à votre sujet ce que légitimement chacun et chacune doit pouvoir garder pour soi.

Voilà Valérie, vous avez écrit dans ces 5 années une histoire mouvementée : belle par instants, plus sombre parfois, forte et captivante souvent. S'est dégagé de vous un portrait attachant mais paradoxal, avec ses éclats et ses zones de flou.
Le plus troublant à mes yeux a été l'application que vous avez démontrée à malmener votre image, celle de membre d'exécutif d'abord, puis de socialiste ensuite, comme si vous aviez cherché à vous aliéner un à un les supports qui vous étaient acquis.
Si le camarade moyen n'aura eu à faire que peu de violence à sa nature pour justifier vos débordements contre la maréchaussée, il ne s'en trouva que peu pour évoquer l'épisode, réel ou prétendu, des propos peu amènes tenus à un serveur de bar, propos relevés - tabou suprême dans les valeurs de gauche - d'un soupçon de stigmatisation des minorités. buy viagra online
Connaissant vos origines, l'épisode touche à l'absurde, ou à la dérision totale, c'est selon.

Contradiction et paradoxe, là encore. Et toujours il me semble entendre au travers de ces épisodes déconcertants une voix voilée par la fumée des Gitanes qui sans détour nous enjoint :

« Aimez-moi, nom de Dieu ».

 

Jean-Charles Authier

Rapport Edmond-de-Reynier (09-017)

09-017 / Rapport du Conseil communal - Edmond-de-Reynier

Position du groupe PLR

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,


Le rapport qui nous est soumis a suscité un vif débat au sein de notre groupe car il n'est jamais facile de faire la part des choses entre le cœur et la raison.

En effet, pour toutes celles et ceux qui connaissent ce quartier ou se sont rendu sur place, il est difficile d'être totalement insensible aux charmes des lieux. Le potager et les vieilles annexes qui bordent la rue ne laissent pas indifférents.

Toutefois, le projet de construction répond clairement à notre volonté de densifier le territoire bâti communal.

Nous préférons en effet la logique qui consiste à densifier la Ville plutôt que disséminer les habitants dans les communes alentour et engendrer de fait un important trafic de pendulaires.

Comme le mentionne le rapport, ce projet permettra de valoriser ce terrain et de lutter contre la pénurie de logements que connait notre Ville.

Neuchâtel a donc besoin de ce genre de projets et ce soir, le Conseil général doit avant tout décider s'il accepte le principe d'une construction à cet endroit en octroyant le droit de superficie prévu dans le rapport.

Quelques considérations et réflexions à propos de l'argumentaire des opposants :

Valeurs des dépendances
Selon l'Association Vieux-Châtel et Edmond-de-Reynier (l'AVE), les bâtiments bordant la ruelle représentent un élément de grande valeur. Pourquoi l'AVE, pourtant bien placée pour connaître l'état de quasi-délabrementt de certains de ces bâtiments, n'a-t-elle pas cherché à apporter depuis longtemps des propositions pour remettre ces bâtiments en valeur ?

Aujourd'hui, l'état même de ces annexes ravive plutôt nos inquiétudes. Nous craignons en effet que si rien n'est entrepris rapidement, la Ville se retrouvera obligée de les démolir ou de les rénover et ce à ses frais naturellement.

Opposition Patrimoine suisse
Nous avons pris connaissance de l'opposition de Patrimoine suisse mais celle-ci ne nous a que partiellement convaincus. Par le jeu des recours, le projet présenté subira certainement des modifications et nous sommes convaincus que les objectifs assignés au promoteur, en particulier le réaménagements de l'espace de la ruelle et les aménagements extérieurs, permettront de maintenir la topologie et la spécificité des lieux.

A l'instar du comité de Patrimoine suisse, certains de nos membres préféreraient qu'une construction moins dense soit envisagée ou mieux qu'un nouveau projet d'aménagement préservant la barre des bâtiments annexes soit proposé.

Conditions testamentaires
Outre son opposition par le biais d'une pétition, l'association de quartier a également mis en avant une clause testamentaire par laquelle Monsieur Edouard Desor aurait défini des conditions d'utilisation des terrains légués.

Même si ces conditions auraient pu figurer dans le rapport, il est utile de rappeler que les conditions et charges liées à un legs sont régies par l'article 482 du Code civil suisse (CCS). Cet article précise qu'une condition ou une charge liée à un legs est valable si elle n'est pas illicite ou contraire aux mœurs (c'est-à-dire contraire à la morale ou à l'ordre juridique suisse pris dans son ensemble).

Une charge de durée illimitée n'est en principe pas admissible dans le sens où elle lie de manière excessive le bénéficiaire.

Il a d'ailleurs été de politique constante de la Ville de considérer au bout d'un certain temps qu'elle n'était plus liée par une charge ou une condition (p. ex. Transfert d'un immeuble reçu en héritage à la Caisse de Pensions, Transfert de l'hôpital Pourtalès au canton, Bureaux de l'Administration communale, etc.....

Dans le cas qui nous occupe, le respect illimité de cette charge priverait la Ville de ses droits de manière excessive et donc, de conforme aux mœurs dans un premier temps, elle est passée progressivement à une charge contraire aux mœurs et peut donc être considérée de fait comme caduque.

Opposition d'une des propriétaires
Le dernier point concerne l'opposition de vendre de la propriétaire de l'une des parcelles. Les informations dont nous disposons sont certes un peu contradictoires mais la Ville ne pourra de toute manière pas passer en force. L'article 5 de l'arrêté qui nous est soumis précise explicitement que le droit de superficie n'est cessible qu'avec l'accord des propriétaires des biens-fonds.

Une fois encore, nous devons aujourd'hui décider du principe de l'octroi du droit de superficie tout en étant conscient que le projet peut capoter si un des propriétaires s'y oppose.


Au vu de ces considérations et pour conclure, le groupe PLR reste convaincu que Neuchâtel a réellement besoin de ces nouveaux appartements situés, de surcroit, à proximité immédiate de la gare.

Toutefois certains arguments comme l'intégration des bâtiments annexes dans le cadre d'un nouveau projet, le maintient de la maison vigneronne ou le prix du mètre carré jugé trop bas tempèrent quelque peu cette conviction.

Attentif aux arguments qui seront exprimés ce soir mais ne remettant pas en cause le principe d'une construction à cet endroit, le groupe PLR s'exprimera de manière partagée sur ce rapport.

 



Quelques questions pour terminer :

1. L'association de quartier qui s'oppose à ce projet a transmis à certains Conseillers généraux un dossier dans lequel il est mentionné que la construction prévue ne respecterait pas le plan d'alignement du quartier. Qu'en est-il ? Une mise en conformité sera-t-elle nécessaire ?

2. Des informations contradictoires concernant la décision de vente de la propriétaire de la 2e parcelle nous sont parvenues. Le rapport parle d'un accord de principe alors qu'un article paru dans l'Express semble indiqué que les discussions ne sont pas aussi avancées. Qu'en est-il exactement ?

3. Au vu de l'état des annexes situées au sud du potager, une démolition ou une importante rénovation pourrait devoir intervenir dans des délais assez courts si le projet de construction est refusé. Le Conseil communal peut-il nous indiquer quel serait le montant de ces travaux à la charge de la Ville et dans quels délais ils devraient être exécutés ?


Je vous remercie de votre attention.


Pour le Groupe PLR
J. Zimmerli

 

Action anti-tags

Le groupe PLR est heureux de voir qu'après la volonté de faire réagir les autorités par des actions « coup de poing » du comité Ainti-tags, le conseil général dans son ensemble est sollicité pour passer à la phase de l'action politique. Notre autorité remplit ainsi pleinement son rôle de législatif.

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Intervention ad rapport 09-014


Groupe PLR - intervention ad rapport 09-014

Les routes font partie des infrastructures que la collectivité publique se doit d'entretenir. Ce d'autant plus lorsqu'un hiver particulièrement rude les a mises à mal. Le crédit demandé ce soir ne souffrira dès lors aucune discussion de la part de notre groupe.

La véritable question qui se pose dans ce dossier est celle de savoir s'il faut suivre l'idée de la Commission financière, à savoir ajouter au crédit sollicité ce soir le montant prévu en 2010 pour l'intervention affectant la couche de fondation. Sur le principe, l'amendement proposé est juste puisqu'il tend à rationaliser les interventions : au lieu de creuser deux fois le même emplacement, on ne fait qu'une seule fouille. Certes, l'inconvénient réside dans le fait que l'objectif d'autofinancement annoncé au budget 2009 ne pourra en tout état de cause pas être tenu. Mais il faut être conscient qu'il n'y aurait finalement qu'une année de décalage avant que les frais financiers liés à ces crédits ne se cumulent.

En outre, si l'on se réfère aux règlementations instituant un frein à l'endettement que l'on trouve dans plusieurs cantons, nous sommes ici en présence de ce qui est défini comme un « besoin financier exceptionnel », soit découlant d'un événement extrêmement rare et échappant au contrôle des autorités communales.

Nous soutiendrons donc l'amendement de la Commission financière, mais en proposant un sous-amendement. A notre sens, le fait de réunir en une seule fois les deux interventions prévues sur le domaine public devrait en effet conduire à en réduire les coûts. Le CC peut-il nous confirmer cette économie et nous en donner le montant approximatif ?

Le sous-amendement consiste dès lors à proposer un crédit de 2,459 millions au lieu des 2,659 millions prévus par la Commission financière.