Interpellation du groupe PLR : Quel concept pour la mise en place du Wifi ?

Création : jeudi 6 mars 2014

Comme le dit le slogan, Neuchâtel est une ville qui veut rayonner. Le Conseil Communal propose même d’étendre pour 112'000 CHF au budget 2014 la couverture WiFi dans la ville pour en faire profiter habitants et touristes. Or, avant d’étendre cette couverture, il nous semble important d’obtenir quelques précisions sur cette mise à disposition de bornes WiFi supplémentaires.

Nous souhaiterions obtenir des précisions sur les aspects sécuritaires, de santé publique et pratiques de ce service.

Au niveau de la sécurité tout d’abord, quelles sont les mesures techniques et organisationnelles qui sont prises pour vérifier et empêcher que l’infrastructure de la Ville puisse être utilisée à des fins malhonnêtes ou illégales (téléchargement de contenus interdits par la loi, utilisation de l’infrastructure de façon anonyme, vol de données privées d’autres utilisateurs connectés au réseau) ? Nous partons du principe qu’une sécurité de base a été mise en place, mais à quel point est-il facile de la contourner ? Dans le cas d’une utilisation frauduleuse du service, quelles sont les responsabilités morales, civiles et pénales de la Ville de Neuchâtel ?

Pour ce qui est de la santé publique, diverses études plus ou moins contradictoires (qui rappellent les études sur le tabac dans les années 1940) démontrent ou ne démontrent pas les effets néfastes des ondes électromagnétiques sur les humains. Cela dit, nous appelons en fait à ce que nos autorités dans ce dossier ne minimisent pas les risques liés à l’émission du Wifi et appliquent ce que l’on pourrait appeler le principe de précaution en envisageant par exemple de prévoir des lieux spécifiques au sein de l’administration dans lesquels le Wifi serait utilisé et d’en informer les collaborateurs de façon claire.

Le film documentaire de Jean-Yves Bilien « Les sacritiés des ondes » diffusés le 30 janvier dernier au Centre de Santé à Colombier, va à la rencontre des chercheurs dédiants leur travail à l’étude des effets de l’électrohypersensibilté qui concernerait entre 3 et 6% de nos populations occidentales. Des solutions concrètes sont aussi proposées afin de réduire les effets négatifs sur notre organisme. A noter que le site belge Etudes & vie présente de façon objective les syndrômes liés à la présence abusive d’ondes électro-magnétiques, dont fait partie les ondes transmises par le Wifi. Certains sites suédois mentionnent l’existance de plus de 600'000 personnes dites électrosensibles dans ce pays, ce qui représente près du 7% de la population.

Si on s’intéresse à comment cette question est traitée dans des pays voisins, on peut relever que les gouvernements suédois, autrichiens et allemands reconnaissent que les pathologies attribuées aux ondes électromagnétiques sont une véritable maladie. En 2002, puis en 2012, des milliers de praticiens allemands ont lancé l’appel de Fribourg, dénonçant le danger des ondes. Nos voisins allemands et autrichiens ont déjà commencé à prévenir les risques potentiels à ce sujet en interdisant le Wifi dans certains établissements scolaires. Le gouvernement allemand recommande du reste depuis 2007 d’éviter le Wifi pour des raisons sanitaires. Le Conseil de l’Europe de son côté préconise l’abandon du Wifi dans les écoles et la baisse des seuils d’exposition des antennes-relais de téléphones mobile depuis 2011, date à laquelle l’OMS a déclaré les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes. En Suisse, l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP) adopte une attitude prudente en évitant d’émettre des recommandations contraignantes aux pouvoirs publics. Toutefois, notre groupe aurait souhaité savoir quelles garanties sont données par l’OFSP pour freiner l’utilisation abusive du Wifi ? Des références en termes de normes ont-elles été communiquées par cet office ?

Enfin n’oublions pas que pour l’amiante, les pesticides, le tabac et plus récemment les téléphones portables, il a fallu trop de temps pour prouver la dangerosité et prendre les mesures adéquates. Rien ne dit qu’il en ira de même avec le Wifi mais la responsabilité du politique est de prendre des mesures de précautions adéquates.

Finalement, les aspects pratiques restent encore flous pour nous. Quand on veut « étendre la couverture WiFi des lieux publics », à quels lieux pense-t-on ? S’agit-il de bibliothèques, des bâtiments officiels, de préaux d’écoles, de places telles que la Place Pury ou la Place des Halles ? La salle du Conseil général serait-elle consernée à terme par une telle installation et si oui de quelle manière notre conseil en sera-t-il informé ? Comment le Conseil communal compte-t-il communiquer avec les fonctionnaires de la ville qui souffrent d’hypersensibilité électromagnétique ?

Autre considération pratique, presque éthique : que pense faire le Conseil Communal pour prévenir les abus possibles faits par des jeunes citoyens utilisateurs de ce nouveau service Wifi mis à disposition par la ville hors du contrôle des représentants légaux ?

Dernière question, le budget de CHF 112'000 correspond-t-il uniquement aux frais d’acquisition et de mise en place des nouvelles bornes WiFi ou comprend-t-il également l’exploitation et la maintenance du service.

Au vu des nombreuses questions et incertitudes, nous souhaiterions voir un concept général concernant le WiFi « public » en Ville de Neuchâtel.

Pour le groupe PLR

Jean Dessoulavy