Interpellation "Une rénovation du cloître qui jette un froid"

Création : vendredi 10 mars 2017

 

Au moment où les monuments emblématiques de notre ville retrouvent leur éclat d’antan grâce à des travaux de restaurations importants, un point interpelle notre groupe. Si l’on peut saluer la manière dont ont été rénovés l’Hôtel de ville et l’extérieur de la collégiale, on ne peut que rester sceptique à la vue du cloître qui a subi un traitement bien plus poussé qu’un simple rafraichissement. Le PLR soutient avec enthousiasme le principe d’une rénovation de la collégiale, mais il est clairement moins enclin à appuyer une modification propre à aliéner la nature du monument. C’est pourtant le problème devant lequel on redoute de se retrouver avec le sol du cloître puisque sa nouvelle réalisation modifie fondamentalement l’esthétisme, et même le sens de ce dernier (voir photos).

Après avoir entendu de nombreux échos de paroissiens et de représentants des autorités ecclésiastiques, nous constatons que ceux-ci ne sont pas satisfaits du résultat de la restauration du cloître. De plus, ils regrettent le choix fait pour remplacer le carrelage et le plancher de l’allée centrale de l’église. Ils trouvent en effet les dalles très sombres ce qui modifie considérablement l’édifice tel qu’on le connaît aujourd’hui et qui plus est, l’assombrit beaucoup.

Au XIXe siècle, l’importance de la conservation du patrimoine dans sa forme initiale était moins ancrée qu’aujourd’hui, c’est ainsi qu’on a pu observer entre 1867 et 1870 une transformation radicale de la Collégiale sous les ordres de l’architecte Léo Châtelain. Aujourd’hui, la politique de conservation a bien changé, et il est difficilement concevable d’imaginer que la Collégiale subisse à nouveau une mutation importante.

Il est d’ailleurs mentionné sur le site consacré à la conservation et à la restauration de la collégiale que « les travaux de restauration du cloître seront conduits dans un souci de conservation en tout point semblable. »

Dans le rapport 14-005 du conseil communal au conseil général sur l’étape deux de la restauration, on peut y trouver ce paragraphe sous le chapitre du cloître :
« Le nouveau réseau de descentes d’eau pluviale a permis une première exploration archéologique du sol du préau, qui n’a pas révélé de couches archéologiques significatives en surface, ce qui devrait augurer, en seconde étape, une restauration facilitée des jardins. » Ce qu’il reste du préau du cloître ne ressemble plus tellement à un jardin.

De plus, il existe une charte internationale (Charte de Venise 1964) qui dit ceci : «il est essentiel que les principes qui doivent présider à la conservation et à la restauration des monuments soient dégagés en commun et formulés sur un plan international, tout en laissant à chaque nation le soin d'en assurer l'application dans le cadre de sa propre culture et de ses traditions. »


Deux articles de cette charte peuvent être relevé dans l’affaire qui nous intéresse :


Article 5

La conservation des monuments est toujours favorisée par l'affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société ; une telle affectation est donc souhaitable mais elle ne peut altérer l'ordonnance ou le décor des édifices. C'est dans ces limites qu'il faut concevoir et que l'on peut autoriser les aménagements exigés par l'évolution des usages et des coutumes.


Article 6

La conservation d'un monument implique celle d'un cadre à son échelle. Lorsque le cadre traditionnel subsiste, celui-ci sera conservé, et toute construction nouvelle, toute destruction et tout aménagement qui pourrait altérer les rapports de volumes et de couleurs seront proscrits.


Au moment où les travaux s’apprêtent à commencer à l’intérieur de la collégiale, le groupe PLR demande que soient apportées des réponses aux points suivants :

Au sujet du cloître :
- Comment le CC explique-t-il l’insatisfaction des utilisateurs réguliers de ce lieu, soit le les paroissiens et les autorités ecclésiastiques, sur le résultat de la rénovation du cloître ?
- Comment justifier le remplacement d’un jardin par une surface dallée stérile ? Cette métamorphose peut-elle décemment être comprise comme une rénovation ?
- Quel a été la position de la commission de l’urbanisme quant au choix du sol ?

Au sujet de la Collégiale :
- Comment le CC compte-t-il consulter les divers cercles de personnes concernés par la restauration de l’intérieur de la Collégiale et trouver une solution qui soit en accord avec les désirs des fidèles de cet endroit et qui respecte la politique de conservation des monuments historiques ?
- En particulier, comment peut-on être rassuré quant aux initiatives à prendre pour modifier le sol de l’allée centrale ?
- Comment envisagez-vous la conservation du mobilier et notamment des bancs « Léo Châtelain » ?


Le 9 mars 2017

Pour le groupe PLR au Conseil général
Jules Aubert et consort


Photos et détails de l'intervention de cloître