Interpellation - " Villa Lardy : quels coûts, quelle utilité, mais surtout quel futur ?"

Création : mardi 10 juillet 2018

La Ville de Neuchâtel est devenue propriétaire de la Villa Lardy et de son domaine (env.  16'000 m2 au total, à l’est de la colline Mail) par legs de feu Mme Thérèse-Marguerite Lardy, il y a de cela plus de 40 ans. La Ville est toutefois liée par des conditions (ou charges) posées par la défunte, à savoir d’utiliser la villa et son jardin pour les réceptions des autorités et de maintenir la partie arborisée en l’état. Ce legs a été accepté par le Conseil général lors de sa séance du 2 juin 1975, malgré des réticences formulées sur les coûts engendrés pour la Ville par les conditions posées. Si la Ville avait à l’époque refusé ce legs, la villa et son domaine seraient à notre connaissance revenus à différentes œuvres de bienfaisance de la région, héritières de Mme Lardy. 

Or cette villa coûte effectivement depuis de très nombreuses années à la Ville. En effet, elle ne peut être louée ni utilisée librement, et ses frais d’entretien annuels ne sont pas négligeables. Cela alors qu’elle n’est pratiquement d’aucune utilité, la Ville disposant de suffisamment de locaux pour organiser ses réceptions. Cette villa reste donc semble-t-il vide la plupart du temps, à l’exception de l’appartement de fonction mis à disposition du concierge de la villa. Cette situation n’est satisfaisante pour personne et il y a lieu de chercher une solution pour y remédier, dans le respect des dernières volontés de feu Mme Lardy. 

Une solution possible pourrait être par exemple la négociation d’un accord avec les héritiers afin qu’ils renoncent à leurs droits au profit de la Ville.  Les œuvres de bienfaisance concernées auraient tout intérêt à accepter un dédommagement, même très modeste, de la part de la Ville, en contrepartie de leurs droits. En effet, si la situation actuelle devait perdurer, elles ne toucheraient jamais le moindre argent. Alors que si elles acceptaient un accord, elles pourraient toucher en échange une certaine somme à déterminer, leur permettant de contribuer à la réalisation de leurs buts de bienfaisance. De son côté, la Ville pourrait être déliée des conditions du legs et pourrait alors chercher à rentabiliser la villa, par exemple en la louant, ou alors en la vendant, après avoir pris soin peut-être de séparer la partie boisée pour en rester propriétaire.

Cette solution pourrait satisfaire tout le monde et permettrait en outre de respecter les dernières volontés de la défunte, soit de favoriser les œuvres de bienfaisance de son choix et la Ville de Neuchâtel. D’autres solutions pourraient également évidemment être trouvées, pour autant qu’elles améliorent la situation actuelle. 

Au vu de ce qui précède, les soussignés souhaitent par la présente interpeller le Conseil communal et lui demander des explications et des réponses aux questions suivantes :

1) Combien coûtent à la Ville la Villa Lardy et son domaine annuellement ? Quels revenus de tiers rapportent-t-ils, et quelles charges (exploitation, entretien, intérêts, amortissements, etc.) engendrent-t-ils ?

2) La Villa est-elle d’une quelconque utilité à la Ville ? Si oui laquelle ?

3) Le Conseil communal sait-il qui sont les héritiers de Mme Thérèse-Marguerite Lardy ? Des contacts sont-ils intervenus jusqu’à aujourd’hui avec eux dans le but de chercher une solution à cette situation insatisfaisante ? 

4) La solution consistant à trouver un accord avec les héritiers pour se défaire des conditions du legs et pouvoir utiliser de manière plus efficiente la Villa à l’avenir est-elle envisageable selon le Conseil communal ? Pense-t-il suivre cette voie ? Une autre solution est-elle envisageable selon lui ? Si oui, laquelle ? Sinon, quel avenir entrevoit-il pour cette villa ?

Le présent texte vaut développement écrit.

Neuchâtel, le 10 juillet 2018

 

Pour le groupe PLR au Conseil général
Alexandre Brodard