Commentaires sur les comptes 2010

Création : jeudi 5 mai 2011
Séance du 2 mai 2011.

Il serait de mauvais goût de ne pas exprimer sa satisfaction devant les résultats des comptes 2010.

Ça a été dit dans le rapport du CC et de la CF, mais il faut encore une fois rappeler que ce bénéfice comptable de quelques 2 millions de francs aurait tout aussi bien pu se traduire en une somme de 13 millions s'il n'avait été effectué des amortissements complémentaires pour un valeur de 4 millions et si 7 autres millions n'avaient été provisionnés au chapitre de l'aide sociale comme mesure d'anticipation au principe d'échéance.

S'il fallait encore embellir le tableau, nous pourrions encore mentionner que ce résultat tient compte des quelques 2 millions de contribution de solidarité des communes envers l'Etat votées par le Grand Conseil, mais non comptabilisées dans notre budget.

L'un dans l'autre c'est une amélioration de près quelques 19 millions de francs par rapport au budget que nous pouvons nous réjouir de retrouver sous la ligne.

L'amélioration est certes spectaculaire, mais elle aura principalement dépendu d'un critère sur lequel notre emprise est très limitée : je parle des recettes fiscales sur les personnes morales, qui nous auront rapporté en 2010 22 millions de plus que projeté. Que ces contribuables en soient remerciés.

Mais bien sûr, il ne suffit pas d'augmenter ses revenus pour présenter des comptes sains, il faut encore maîtriser l'autre partie du tableau : les dépenses. Et là, notre administration a effectué un travail de gestion remarquable, qui l'a vue diminuer ses charges de personnel et BSM (2,5 millions d'amélioration comptes à comptes). Si l'on considère au surplus que nous vivons encore une période très clémente au regard de la charge des intérêts et que les amortissements ont eux aussi diminué, nous comprenons comment nous avons pu profiter à plein de l' élan qui nous a été offert par nos contribuables.

Sachons nous réjouir de la chance qui nous est offerte, et profiter de la période propice qui s'annonce pour 2 à 3 années, si les dieux de l'économie d'abord et ceux du Château ensuite le veulent bien.

Bien sûr, nous ne somme pas à l'abri d'un retournement de conjoncture, ou du départ d'un grand contribuable qui feront que les comptes 2012 n'auront pas une mine aussi réjouissante que ceux-ci. Mais si nous ne tenons pas compte de ces éléments qui dépendent de forces difficilement maîtrisables, notre avenir proche s'annonce du même tonneau que les comptes que nous étudions aujourd'hui.

A partir de 2013 en revanche, nous risquons de danser sur une musique moins entraînante, car il sera difficile d'échapper aux intentions déjà claironnées par l'Etat de cantonaliser les recettes des personnes morales. Notre influence dans la partition qui s'écrit là n'est certes pas négligeable, mais on peut douter qu'une majorité du canton se range à nos arguments.

Notre message est le suivant. Faisons bon usage de la manne qui nous est offerte, elle ne durera pas. Et surtout, n'allons pas alourdir notre train de dépenses de façon durable, car il faudra le ramener à de meilleures proportions très bientôt.

En matière d'investissements, nous voyons 3 domaines où nous nous pouvons à propos utiliser nos revenus pour rendre notre ville plus forte et plus attractive :

1. L'entretien de nos bâtiments.
Depuis longtemps nous déplorons le manque d'entretien de certains des bâtiments de notre patrimoine. Le moment est venu de procéder à des investissements qui vont nous permettre pour le moins de préserver - si ce n'est d'augmenter - la valeur de notre parc immobilier.

2. Redéfinir le rapport entre la Ville et le lac
Jeunes-Rives, Place Numa Droz, place du Port : de tous ces projets qui gravitent sur la façon dont la ville communique avec le lac, nous n'en avons pas vu encore un qui clairement remporte notre adhésion, mais le problème qu'ils posent est fondamental : nous devons trouver les façons de mieux mettre en valeur l'environnement unique qu'expo 02 en son temps nous avait révélé (et je ne parle pas que du site des Jeunes-Rives, mais de la relation entre le lac et la ville en général).
Nous souhaitons qu'un de projets proposés puisse par sa qualité emporter notre adhésion. Ça sera la tâche et le défi du Conseil Communal.
De notre côté, nous devons nous assurer que nous aurons la base pour financer ces projets sans laisser des emprunts démesurés à la charge de nos successeurs.

3. Le désendettement.
Pour rappel, notre dette a certes diminué ces dernières années pour atteindre les quelques 440 millions de francs que nous connaissons aujourd'hui. N'oublions cependant pas que le découvert de la caisse de pensions se monte à 230 millions, dont 115 à assainir dans les 10 prochaines années.

Désendetter représente un investissement fondamental. Rembourser notre dette va augmenter notre revenu disponible en diminuant notre charge d'intérêt (2011 : 13 millions). Rembourser notre dette va renforcer notre position auprès de nos créanciers, qui ne nous feront pas plus de faveurs qu'à d'autres collectivités publiques s'ils pensent ou croient que notre position est fragile.

Et pour plagier la citation chère à un de nos Conseillers communaux que j'attribuerai pour ma part à St-Expuéry, je dirai : quand nous nous endettons, nous ne recevons pas l'argent de nos banques, nous l'empruntons à nos enfants.

Ayons donc la politesse et le bons sens de prendre une partie de cette tâche de remboursement maintenant que nous le pouvons.

Donc oui, il nous faut investir. Mais encore une fois, prenons garde à ne pas laisser filer la manne qui nous est octroyée en alourdissant un appareil administratif que nous devrions alors alléger d'ici 2 ou 3 ans. Nous préférerons alors ristourner une partie de ces revenus à ceux qui nous les fournissent - nos contribuables - et demander une diminution du taux de l'impôt.

Voilà pour ce qui est des comptes.
Au niveau de la gestion, nous tenons à rappeler une nième fois notre étonnement de ne pas voir aboutir des rapports promis de longue date par le Conseil communal. Citons pêle-mêle :

- le rapport sur le giron communal, renvoyé sine die après avoir été retiré devant cette assemblée il y a bien 4 ans de cela. Quel est le manque à gagne lié à l'hibernation de ce projet ?
- Le plan de mobilité professionnelle, qui a été promis de sous-commission financière en commission financière, et qui n'est maintenant même plus mentionné. Doit-on le renommer le plan d'immobilité professionnelle ? J'ai bien peur d'avoir dû faire ce pauvre jeu de mots il y a 5 ou 6 ans déjà.
- Le rapport sur le complexe de la Maladière. J'en ose encore une : est-ce que le Conseil communal souffre du complexe du rapport sur la Maladière ?
- Je garde le meilleur pour la fin : le rapport sur la politique culturelle, qui est en train de devenir lui-même un monument qui préfigure le courant non-événementiel, un chef-d'œuvre de l'ellipse et de l'abstraction.

Ces considérations douces-amères ne suffiront certes pas à gâcher la très positive impression donnée par les résultats financiers. A l'opposé, nos bons résultats ne sauraient non plus occulter ces inquiétants manquements dans la gestion de nos affaires et dans la parole donnée par le CC.
L'un dans l'autre, c'est à l'unanimité que le groupe PLR acceptera les comptes et la gestion de la Ville pour l'année 2010.

Classement des motions et postulats : oui unanime, sauf le postulat 122, qui sera certes approuvé, mais avec plus de modération.