12-003 subvention en faveur de la Fondation Trivapor

Création : mardi 7 février 2012
Voilà un projet qui a eu besoin pour en arriver à sa phase de réalisation, de nombreuses rivières et d'une multitude de ruisseaux d'énergie et d'engagements humains pour présenter un projet sérieux et crédible. Des trois phases ou étapes présentées en page 5 du rapport, nous en sommes qu'à la première, mais le sérieux de la préparation du dossier permet déjà d'être confiant pour que ce projet ambitieux parvienne à son terme.

Ambitieux puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de remettre en état un bateau qui n'a plus navigué sur les trois lacs depuis un demi-siècle. « Le Neuchâtel » a 100 ans cette année et l'association Trivapor qui bénéficie d'un soutien populaire hors du commun (j'y reviens dans un instant) a relevé le défi de trouver le financement pour remettre le Neuchâtel en état de fonctionner. Et cela grâce à un appui fourni par le privé dans un premier temps. C'est au tour maintenant des entités publiques de témoigner de leur soutien comme l'a fait le canton de Neuchâtel à la fin de l'année dernière.

Comment ne pas être enthousiasmé face à une telle énergie déployée venant en grande partie du secteur privé ? C'est un véritable exploit qu'à relevé l'association de soutien de ce bateau que de réussir à amener autant de monde à s'y intéresser. Et comme vous le savez, la majorité de ces membres ne sont pas domiciliés dans notre canton ce qui montre bien l'importance prise par ce projet en terme d'image.

Et ce soutien de l'Association Trivapor ne s'est pas fait sans mal comme en témoigne le bref récit que je vous livre maintenant :
« Dans l'Express du 17 juin 1999, une annonce apprend aux amoureux du bateau que leur Neuchâtel est à vendre. Ceux-ci pensent qu'il y a une opportunité à saisir. C'est ainsi que nait l'Association Trivapor qui est fondé suite à l'assemblée constitutive du 23 août 1999 à Neuchâtel. Le projet d'acquérir le bateau pour le remettre en service se met en place. Des contacts sont pris par le comité de patronage avec les milieux politiques et bancaires ainsi qu'avec la presse. Une pétition expliquant l'intérêt de la remise en état de ce vapeur « Belle Epoque », né l'année du naufrage du Titanic en 1912, est lancée avec un grand succès. Mais quelques jours avant la date prévue pour la remise de cette pétition, les membres de l'association apprennent que le vapeur est vendu à un hôtelier. Malgré cet échec, l'assemblée du 18 novembre 1999 décide de maintenir l'association en vie, cela pour être prêt si une nouvelle occasion se présentait ! »

« En 2004, l'association a la chance de trouver en Hollande une machine à vapeur allemande datant de 1926 qui présente les caractéristiques nécessaires pour équiper le Neuchâtel. C'est en février 2007, que la Fondation Trivapor deviendra enfin propriétaire du bateau, et cela grâce à l'aide d'un sponsor et des 3500 membres de l'association. Suite à une étude détaillée commandée à la Société de Navigation sur le lac des Quatre-Cantons (société qui a une grande expérience dans le domaine de la reconstruction d'anciens bateaux), l'Office fédéral des transports décide de valider la procédure d'approbation des plans. Et c'est ainsi que le 16 octobre 2010, le bateau a été mis en cale sèche à Sugiez pour entamer la première phase de rénovation. Entretemps la Fondation Trivapor Navigation relève le défi en organisant la recherche de soutiens financiers nécessaire à la réalisation des deuxièmes et troisièmes phases ».

Voilà pour le riche vécu de cette jeune association. Il nous a paru important de le rappeler ce soir pour que notre conseil puisse mieux apprécier de quoi l'on parle et de l'importante de la persévérance fournie par l'Association qui se bat depuis 1999 pour faire revivre ce bateau et mettre en place un planning de rénovation en convainquant les sponsors et les autorités politiques du sérieux du dossier.

Il est clair que dans ce dossier, le fait qu'il s'agisse de remettre sur pied le dernier vapeur fluvial et demi-salon ayant navigué en Suisse durant le 20ème siècle a joué un rôle important. Ce bateau a en effet une valeur esthétique unique qui justifie l'appui des secteurs privés et publics en vue de sa remise en marche.

Il convient également de souligner que le soutien que notre conseil va décider d'apporter ce soir a une valeur encore plus grande que la somme demandée de 200'000 francs ! En effet, en accordant cet appui financier, notre ville donne un signal fort au projet qui permettra à l'association Trivapor dans les prochaines semaines de se rapprocher de villes comme Bienne, Morat ou Yverdon-les-Bains pour obtenir également un appui, nécessaire au financement de la troisième phase de rénovation du bateau. Or cet appui serait tout simplement impossible à obtenir si notre ville de Neuchâtel refusait de soutenir « le Neuchâtel ». Notre décision de ce soir, Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux, a donc aussi une valeur symbolique et d'image, ne l'oublions pas.

Deux questions pour terminer :
- Au sein de notre groupe, plusieurs sont restés interpellés à la lecture des explications fournies en page 2 relatives à la décision de porter la dépense de 200'000 francs sur l'exercice 2011 alors que c'est en fait l'exercice 2012 qui est concerné. Même si cette imputation transitoire semble se justifier en termes de choix politique, notre groupe exprime sa réserve et souhaite que ce type d'imputation ne devienne pas la règle à l'avenir !
- Le CC peut-il nous donner plus de précisions quand aux conditions du renouvellement du contrat cadre d'exploitation qui se fera pour la première fois en 2016 ? Des garanties ont-elles été faites par la Société de navigation ? Le CC sait-il si la question des futurs frais d'exploitation a été abordée entre Trivapor et la LNM ?

Vous l'avez compris, le groupe libéral-radical soutient dans sa grande majorité la demande de subvention en faveur de la Fondation Trivapor. Il s'agit de poursuivre cette aventure patrimoniale engagée depuis maintenant un siècle.

Merci d'avoir permis de nous faire passer du rêve à la réalité en rendant possible la renaissance du dernier bateau vapeur demi-salon conservé en Suisse.

Jean Dessoulavy