Demande de crédit relative au renouvellement d’équipements à la station d’épuration - 13-006

Création : mardi 4 juin 2013
A l’unanimité, le groupe PLR acceptera l’arrêté concernant la demande de crédit pour le rapport 13-006 au sujet du renouvellement d'équipements de la station d’épuration.

En effet il n’est pas question pour le PLR de s’opposer à l’adoption d'un crédit pour une infrastructure essentielle en termes d’environnement et, subséquemment, en termes d’énergie.
Une fois admis – et je le répète à l’unanimité – le fond de ce rapport, je voudrais toutefois ici parler de la forme et de quelques détails.

A mes yeux, 5 remarques peuvent être faites.

La première c’est une remarque sur les micropolluants. Ils sont évoqués dans l'introduction et dans la conclusion. Les micropolluants posent des problèmes dont on prend conscience depuis plus d'une dizaine d’années. Désormais, on connaît les dangers que représentent ces petites particules. La liste de ces substances est longue, ils ont une action aussi bien au niveau de l'environnement qu’au niveau des êtres humains, notamment à cause du pompage d’une partie de l’eau potable dans les lacs.
Déjà, l’Office Fédéral de l’environnement travaille sur le sujet et, le rapport le mentionne utilement, la stratégie fédérale en la matière est devisée à 1,2 milliards de francs. Ce n’est pas indifférent puisque ce programme fédéral va renchérir de 16 francs par an et par habitant les 120 francs moyens consacrés actuellement par habitant pour le traitement des eaux usées.
Pour la ville de Neuchâtel ce sera une vingtaine de millions. J’imagine que le conseil communal planche déjà sur le financement de ces mesures.


Ma seconde remarque sera liée à l’énergie et à la société Viteos. Elle est à la fois technique, financière et politique.
La finance d’abord.
En page 11 du rapport, je lis  "la convention qui sera signée est fixée à 3ct le kWh thermique". Il est difficile bien entendu d’avoir l’ordre de grandeur usuel dans de telle situation mais aujourd’hui on sait que sur le marché le kWh thermique "chaleur bois" se négocie à 5 ct. On note déjà que la ville n'a pas été très exigeante vis-à-vis de Viteos avec ces seulement 3 ct.
Viteos a négocié à la baisse ses prix en raison des investissements nécessaires au raccordement au chauffage à distance.
Dans ce contexte, je pense à la réflexion qui a été faite il y a quelques mois concernant la centrale à gaz de Cornaux et le raccordement de Cornaux au chauffage à distance de Viteos. Je serais intéressé de savoir à quel prix le kWh thermique de la centrale à gaz de Cornaux II a été envisagé d'être négocié.

La politique ensuite : je trouve que la Ville devrait pouvoir influencer la politique de Viteos dans ce type de contrat. En effet ces démarches énergétiques "couplage chaleur force" sont à encourager et donc en acceptant uniquement 3 ct la Ville donne un bien mauvais exemple et crée un précédent trop favorable pour l'entreprise achetant l'énergie produite!


Ce rapport nous permet aussi de tirer des enseignements sur l'électricité, sur le coût de production du kWh électrique. Celui-ci varie entre 10 et 19 cts en fonction des années. Information intéressante MAIS, aussi sur ce que l'on en fait de cette énergie produite.
Soyons critique et ayons une politique énergétique cohérente et non une politique énergétique de recherche de subvention.
C'est une erreur de concept d'avoir essayé de toucher la RPC pour l'énergie électrique produite en vendant l'entier de la production à Swissgrid pour toucher cette rétribution à prix coutant (RPC).
OUI l'électricité produite à la STEP doit être consommée à la Step et non réinjectée dans le réseau de Swissgrid.
Imaginez-vous l'aberration, la Step produit de l'électricité "verte" la vend à Swissgrid http://www.swissgrid.ch/swissgrid/fr/home.html pour toucher une subvention, dans le même temps la Step achète du "mixte de Viteos" donc entre autre des électrons nucléaires par exemple.


Je terminerais par deux remarques peu importantes mais qui méritent toutefois la mention.
La première c’est les deux photos intégrées dans ce rapport, de la page 18, avec les traces de coulure dues à la condensation et l’oxydation prématurées d'un gros écrou. Pour moi, des déprédations de ce type sont de l’entretien courant et ne méritent en aucun cas une place dans le cadre d’un rapport du conseil communal pour un renouvellement d’équipement.

De plus je regrette infiniment qu’au niveau de l’assainissement du bâtiment administratif, on justifie le remplacement des fenêtres et des stores en raison de leur ancienneté et qu’ils ne répondent pas aux normes d’isolation.
C’est une hérésie !
aujourd’hui si l'on isole un bâtiment, c'est sur le base du bilan énergétique du bâtiment et non pour avoir des fenêtres au norme.
Peut-être que sur la base du bilan énergétique de ce bâtiment, si on avait 96'000 francs à investir, on les utiliserait pour l’isolation de la toiture et non pas dans le changement des fenêtres et des stores.

Je vous remercie de votre attention

Mais surtout je remercie les employés de la STEP pour l’excellent travail qu’ils font dans le cadre de l’environnement et de l’énergie.

Félix Gueissaz
Neuchâtel le 3.6.2013