13-024 Crédit pour de nouveaux vestiaires et le changement de revêtement du petit terrain du Chanet

Création : mardi 12 novembre 2013
- Est-il bien raisonnable d’investir 4 millions de francs pour quelques footballeurs ?
- Ne peut-on pas réaliser ce projet à meilleur marché ?
- Ne devrait-on pas le faire dans un endroit mieux approprié et surtout mieux desservi par les transports publics ?

Telle est la nature des questions qui se posent dans le groupe PLR à la lecture de ce rapport. Elles ne connaitront pas de réponses unanimes, vous le constaterez dans les votes. Je vais toutefois développer ici ce qui se dessine comme la position majoritaire du groupe.

4 millions de francs pour les footeux est-ce vraiment de ça que l’on parle ?

Oui, mais non, car comme tout investissement, celui-ci doit être envisagé en fonction de sa durée. Aux taux présentés dans le rapport, cette somme sera en moyenne amortie sur 25 ans, ce qui représente quelques 210'000 francs/année entre amortissement et intérêts de la dette.
210'000 francs/année oui, c’est beaucoup, surtout si on les additionne aux plus de 1.5 millions de francs que coûtent les infrastructures de football déjà existantes à la ville de Neuchâtel. On parle donc en fait de 1.7 million/année pour les footeux. Mais  bon, il s’agit de mettre en rapport cette somme avec la totalité des coûts affectés au dicastère des sports, qui se montaient en 2012à quasi 10 millions de francs.

Ainsi, ceux qui invoqueront l’argument du coût du football et de ses infrastructures pour refuser leur soutien à ce rapport feront bien, sous peine d’incohérence, de revoir très vite le principe d’un soutien public à des sports tels que le hockey sur glace et ses patinoires (1 million de francs/année), à la natation (presque 3 millions de francs/année pour les différents bassins), ou encore aux sports en salle (qui nous coûtent plus de 1.5 million de francs /année).

Je pense donc que cet argument n’est pas sérieusement recevable sans le lier à une réflexion globale sur les missions du dicastère des sports, et ce n’est pas l’objet de ce rapport.

Reste maintenant la question de savoir si 4 millions pour ces vestiaires, l’agrandissement du terrain et la pose du revêtement synthétique sur icelui sont justifiables.

Les 1'770'000 francs demandés pour les interventions sur le terrain n’ont pas appelé de commentaire particulier. On note que le plus gros des dépenses est constitué par le revêtement synthétique qui se monte à près de 600'000 francs.  Pour comparaison, le revêtement du même type du terrain de Pierre-à-Bot était budgété à 815’000 francs.

En ce qui concerne la somme requise pour la construction des vestiaires , on peut juger de sa pertinence en se référant au tableau donné en page 18. Débarrassé des frais de déconstruction et des panneaux photovoltaïque, il permet de comparer des pommes avec des pommes.

Ici, certain verront le verre à moitié plein, car nous sommes, en matière de coût au m3, dans des ordres de grandeur comparables aux projets de Boudry et Peseux. Pour notre part, nous le verrons à moitié vide : la commune de
Neuchâtel ne peut-elle pas faire aussi bien que Boudry ? Nous pensons que oui, et c’est ainsi que nous déposons ainsi un amendement qui recalcule l’enveloppe allouée avec un prix au m3 identique à celui de Boudry, la ramenant ainsi de 4'006'000.-  à 3'737'000.-.

Voilà donc pour la partie coûts ; coûts du football en Ville de Neuchâtel en général, et coût des infrastructures proposées dans ce rapport en particulier.

En ce qui concerne le point de l’accessibilité aux terrains, on peut effectivement déplorer leur relatif éloignement des transports publics, quoique une vigoureuse escalade des escaliers du Chanet ne devrait faire peur à aucun sportif prêt à mouiller le maillot en bien d’autres circonstances.

Mais enfin, restons réalistes. Nous demandons des terrains de football
1. à proximité immédiate de la Ville,
2. suffisamment distants tout de même pour ne pas incommoder les riverains et finalement, condition intéressante pour notre ville aux nombreux balcons,
3. nous voulons des terrains qui  autant que possible présentent un dénivelé proche de zéro.

Alors où les mettre : aux Jeunes Rives ? Je laisse à d’autres faire la proposition d’intégrer 2 terrains de foot dans le Ring…

A Pierre-à-Bot alors ? On parle de 2 terrains dans un environnement où la roche peut se montrer taquine: coût minimum si j’en crois le rapport présenté en 2004 pour le nouveau terrain de Pierre-à-Bot : 10 millions, puis 12 millions après rallonge de crédit pour affleurement inattendu de calcaire.

Dans ces circonstances, le Chanet se montre bien le site où, pour un coût raisonnable, nous pouvons intensifier la pratique du football à Neuchâtel.

C’est ainsi que le groupe PLR dans sa majorité acceptera ce rapport une fois amendé. Sans amendement, le groupe n’entrera pas en matière.

Pour le Groupe PLR : Jean-Charles Authier