Rapport 16-019 du Conseil communal concernant la politique de la vieillesse

Création : mardi 6 septembre 2016

Notre groupe a pris connaissance de ce rapport avec un vif intérêt. Le groupe PLR partage la préoccupation manifestée par le Conseil communal de mettre en œuvre un maximum de mesures pour accompagner l’accueil des personnes âgées.

Cependant, ce rapport de 32 pages frappe par son aspect que l’on pourrait presque qualifier de « technique » avec des développements conséquents de mesures prises actuellement ou de principes qui font référence pour le présent et le futur :
Voilà quelques exemples parlants :

- en pages 4 et 5, le rapport présente les trois états de santé qui caractérisent les personnes âgées et les cinq critères socio-culturels qui favorisent un vieillissement harmonieux ;

- en page 6, on prend connaissance des six piliers de prestations sur lesquels repose la planification médico-sociale ;

- en pages 13, 14 et 19, sont présentés les six constats, cinq orientations et trois conclusions définies par le comité de pilotage Proches aidants et l’Union des villes suisses (enquête nationale pratiquée pour 69 villes) ;

- en pages 20 et 22, sont présentés les trois principes généraux sur lesquels se basent notre politique de vieillesse en Suisse et les cinq axes qui concrétisent les principes généraux retenu par le plan stratégique ;

- en pages 23 et 30 enfin, sont énumérées les trois mesures recommandées aux séniors par le Guide mis à disposition par les services de la ville et les huit mesures propres à soutenir la mobilité des seniors.

Cet énoncé (je précise : « non exhaustif ») montre bien la complexité et l’étendue de la thématique de société abordée par ce rapport. Difficile bien sûr d’être plus concis face à une thématique qui concerne autant d’acteurs mais on peut regretter cet aspect presque « thèse universitaire » du rapport. N’aurait-il pas été possible de concentrer certaines références ? En abordant des aspects plus concrets, comme ceux liés aux expériences de l’Attachée aux personnes âgées en poste depuis 2012, par exemple (voir en page 21 du rapport).

Quoiqu’il en soit, le message est clair : la société occidentale de demain se caractérisera comme une « société de longue vie » comme l’explique le rapport en page 20. Elle sera complexe et connaitra des défis que l’on doit déjà anticiper aujourd’hui.
En effet, « Gouverner, c’est prévoir » comme l’a déclaré Emile de Girardin, journaliste français du 19ème siècle. « Prévoir », donc « anticiper » et c’est bien l’esprit du rapport.


Effectivement dans ce domaine, cette maxime est à propos puisque les paradigmes qui caractérisent le développement générationnel depuis un siècle se caractérisent par une évolution sociale très marquée par le vieillissement de la population, comme l’annonce le rapport en première page. Mais et c’est là l’originalité du postulat que dresse le Conseil communal, ce développement doit être compris et accompagné en termes d’opportunité et non de problème.


C’est l’occasion de repenser le lien entre les générations et d’adapter notre fonctionnement social à l’évolution de l’espérance de vie. Espérance de vie qui a connu dans le monde entier mais dans les pays occidentaux en particulier, un bon en avant spectaculaire depuis un siècle. Les chiffres éloquents présentés en page 2 du rapport montrent clairement que l’espérance de vie a presque doublé en un siècle. Elle est en Suisse, l’une des plus élevée du monde avec une augmentation de trois à quatre heures par jour !


Et cela malgré les mouvements migratoires qui permettent à notre pays de favoriser un rajeunissement de la population. Mais en terme absolus, cela ne suffit pas à empêcher le vieillissement continu sur sol suisse. Il est donc indispensable de préparer aujourd’hui les conditions qui demain permettront d’améliorer le confort des personnes qui se trouvent dans leur dernière période de vie.


Le groupe PLR salue donc l’ensemble du concept présenté par le Conseil communal et approuve le plan stratégique de la page 22. Concernant le premier axe de ce plan cependant (à savoir « Améliorer l’information et la communication »), notre groupe souhaite savoir dans quelles mesures les associations de personnes âgées ont été intégrées dans la réflexion liée à ce plan ? Sur ce point, le rapport ne précise pas quelles associations ont été consultées et intégrées dans la réflexion au sein du groupe de travail dont parle le rapport « seulement » en page 31.


L’axe 3 qui concerne le développement de l’habitat est pertinent étant donné l’importance du patrimoine immobilier de notre ville. Notre groupe appelle de ses vœux le développement de la mixité générationnelle là où cela peut s’avérer opportun. Cela pourrait-il être le cas dans le projet des Gouttes d’Or (rapport 16-022) même si notre autorité propose un modèle dit de « portage » et qu’elle ne peut pas directement influencer les critères pour choisir les futurs résidents. Qu’en pense le Conseil communal ?


A propos de l’axe 4 qui concerne la mobilité, on peut saluer l’organisation d’ateliers gratuits par la ville en collaboration avec Pro senectute Arc jurassien. Ceux-ci ayant comme objectif de faciliter aux seniors l’accès aux transports en commun, donc d’augmenter leur autonomie, en abordant des aspects pratiques qui seront utiles aux participants.


En activant ces différentes mesures, notre commune vise un objectif clair : tout faire pour que les personnes âgées conservent leurs indépendances et restent le plus longtemps possible à domicile dans les meilleures conditions possibles avec des services adéquats mises à disposition en termes de transports et de soins.

Notre groupe qui votera ce rapport à l’unanimité remercie le Conseil communal de présenter ce type de rapport en fin de législature. Cela permet de faire le point de la situation et de mieux identifier les axes sur lesquels l’accent sera mis à futur.

En conclusion, cette évolution sociale marquée par le vieillissement de la population doit être abordée en termes d’opportunité et non de problème.

Un grand merci pour votre attention.

Jean Dessoulavy