Rapport 17-008 - Demande de crédit d'étude pour les Jeunes Rives

Création : mardi 27 juin 2017

 

Le groupe PLR a débattu du rapport 17-008 pendant plus de trois heures lors de sa dernière séance.

D’emblée, je vous livre la position : le groupe PLR acceptera le crédit d’étude sollicité par une majorité de ses membres. Quelques abstentions devraient également être manifestées.

Outre l’acceptation du rapport, le groupe PLR entend formuler très clairement un certain nombre de conditions à la poursuite de la réflexion.

L’enjeu est aujourd’hui pour le moins important, raison pour laquelle notre position doit être très claire dès à présent.

Quand je parle d’enjeux, vous aurez bien compris qu’il s’agit à la fois de ceux liés aux travaux futurs (c’est-à-dire un remodelage complet des Jeunes Rives) mais également ceux liés au coût futur à investir.

Le groupe PLR est donc partagé entre enthousiasme et crainte.

Quand, dans des temps très lointains, votre serviteur pensait être un latiniste distingué, il lui était arrivé de traduire, non sans difficulté, un poème de Catulle que je vous livre :

 

Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris.

Nescio, sed fieri sentio et excrucior.

 

En traduction libre, cela donne à peu près ceci : 

 

J’aime et je hais. Ne me demande pas pourquoi :

Je ne sais ; mais je sens, qui advient, cette croix

 

Je pense que ce poème résume notre position et dans une traduction un peu plus brutale et politique, cela donne : « puisse le rêve ne pas devenir cauchemar »

Sauf erreur, je suis membre de la commission port et rives depuis au moins 2010.

Que de travail, que de séances…

Nous voici donc sept ans après à la croisée des chemins.

Lors de notre débat interne, nous n’avons pas voulu volontairement discuter du détail du projet, car à l’instar de cet hémicycle, autant de personnes, autant d’avis.

À ce stade de la procédure, point n’est besoin de savoir si le restaurant prévu aura trois ou quatre étages, si le terrain de beach volley sera orienté Nord-Sud ou Est-Ouest…

Si ces questions n’ont pas à être abordées aujourd’hui, elles devront faire l’objet d’un examen attentif lors de la mise en œuvre du crédit d’étude que nous votons ce soir et le rapport à venir devra être à la hauteur des espérances des habitants de cette ville.

Le projet de réaménagement des jeunes rives est globalement apprécié du groupe PLR qui insiste pour affirmer ici sa volonté de voir enfin ce bord du lac retrouvé son lustre d’antan.

Nous ne souhaitons pas non plus remettre en cause la très longue procédure suivie jusqu’à aujourd’hui où nous sommes passés d’avant -projet en avant-projet, de concours en concours, de procédure consultative en procédure consultative et de projet en projet.

Après plus de 15 ans de réflexion - eh oui Expo 02 a bien eu lieu en 2002-, on a parfois le sentiment que la démocratie a des limites. 

À méditer.

 

Si l’on va peut-être nous dire tout à l’heure que le crédit d’étude est là justement pour répondre aux interrogations, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit pour nous d’un acte politique fort. Nous en attendons beaucoup.

Et sur ce point, le rapport proposé aujourd’hui n’est pas suffisant, surtout dans sa finalité.

Vous l’aurez bien compris, la pierre angulaire de ce projet de réaménagement reste le coût et le financement.

N’oublions pas que l’on parle d’un coût global de 20.5 millions et ce ne sont pas les quelques optimisations décrites en page 58 qui changent globalement le prix du beurre.

S’agissant d’un projet d’avenir, c’est bien d’avenir dont il faut parler maintenant.

Dans le rapport soumis aujourd’hui, seuls deux pages (page 59 et 60) sont consacrés au financement. C’est trop peu.

Voici quelques réflexions livrées par le groupe PLR et qui serviront de base à la suite des travaux et à l’acceptation ou non du crédit de réalisation qui sera soumis à notre autorité en début d’année 2019.

• Par respect pour la population, il est exclu d’envisager une hausse d’impôts qui serait liée de près ou de loin au financement du projet.

• De même, et toujours par respect pour la population qui participe à l’effort de désendettement de la ville, il est absolument exclu que la dette actuelle de l’ordre de 300 millions augmente en vue de financer les travaux  à venir.

• En clair, il faudra absolument respecter la règle de l’autofinancement prévu dans le règlement à hauteur de 70 %.

• L’étude à venir doit impérativement comprendre l’ensemble des coûts futurs.

• Cela implique d’une part que le coût des travaux mais également d’autre part que le coût des charges futures, comme l’entretien par exemple, soient clairement chiffrés.

• Plusieurs constructions prévues le seront par le secteur privé. Il est donc exclu que d’éventuels  pré-financements se fassent par la collectivité publique.

• La suppression des places de parc actuelles ne pourra se faire que par un remplacement identique. Ce coût doit absolument être chiffré. Qu’en sera-t-il si les travaux d’agrandissement du parking du Port se faisaient ?

• Chaque élément du projet doit être impérativement chiffré pour lui-même. À ce stade, les explications données en page 58 du rapport ne sont pas suffisamment explicites. Au vu des enjeux, chaque point du réaménagement devra être discuté.

• La question de la mobilité est essentielle. À côté de la problématique des coûts et des charges d’un futur parking, la question du respect de la législation en vigueur est primordiale.

Je n’ai aucun problème avec le fait de lutter contre les pendulaires statiques que l’on pourrait renvoyer dans les P+R.

En revanche si l’on veut des jeunes rives attractives, l’on ne doit pas oublier que celles-ci seront utilisées par des gens venant de l’extérieur et des touristes.

Par conséquent une disparition pure et simple des places de parc est irréaliste et illégal, d’où la nécessité absolue d’un concept de mobilité très précis. 

Nous devons respecter les décisions prises par notre autorité lors de l’adoption de la troisième étape du plan de stationnement. 

Des places de parc liées aux activités des jeunes rives devront être réalisées et /ou maintenues dans le périmètre du projet.

À ce sujet, le tableau récapitulatif de la page 42 n’est clairement pas suffisant et précis.

C’est le concept de mobilité futur qui devra répondre à ces questions et établir les besoins de stationnement selon les dispositions légales et les normes VSS utilisées par les professionnels.

Le concept de mobilité devra également démontrer comment les usagers des futures jeunes rives pourront accéder en fonction des différentes fonctions dedites (détente, knie, festineuch)

Il en va de même des vélos qui doivent faire l’objet aussi d’un concept précis (nombre, emplacement, accès).

 

Vous l’aurez compris, le groupe PLR réaffirme encore une fois sa volonté de voir aboutir le projet des jeunes rives mais les enjeux sont tels que le crédit d’étude doit répondre dans le détail à toutes les questions de coût, de financement, de charges futures et de mobilité.

20 millions, c’est l’équivalent de l’investissement total de la ville pour une année.

D’autres défis majeurs attendent notre ville ces prochaines années comme par exemple toute la question de la mobilité à la gare, toute la question de l’accessibilité en ville ou encore toute la question de l’entretien des bâtiments.

Ces projets de plusieurs millions devront également être réalisés et sont prioritaires.

En conclusion, nous payons pour voir mais nous n’avons plus le droit à l’erreur. 

Christophe Schwarb