17-009 A Rapport du Conseil communal au Conseil général concernant l'aménagement et la sécurisation du jardin public des anciennes serres de Vieux-Châtel

Création : jeudi 9 novembre 2017

 

Le groupe PLR se réjouit que le site du Vieux-Châtel, laissé à l’abandon depuis de trop nombreuses années, soit enfin revalorisé. 

C’est cependant avec un sentiment très mitigé qu’il a pris connaissance de ce rapport.

On ne discute pas de la nécessité de dépolluer, d’assainir, de renforcer les murs situés au nord de la parcelle, ni l’aménagement de l’accès à la gare. 

On ne remet pas non plus en question la notion de jardin public. On est toutefois interpellé par la densité des concepts, des idées, des aménagements qui, à tout point de vue, semble démesurée.

Il est sans doute utile de rappeler que la surface concernée représente 1200 m2. C’est petit, très petit. Pour comparaison cela représente les 2/3 du jardin public Hermann Russ de Serrière, qui lui fait 1850m2.

Pourtant on veut y installer

• un espace de jeux pour petits et grands enfants avec sable, gravier, rigole d’eau, tas de bois, jeux de bille, jeux de grimpe, des surfaces qui se prêterons au jeu de boules, …

• un espace détente avec deux surfaces distinctes l’une avec prairie fleurie et l’autre qui invite au pique-nique et aux roulades dans l’herbe

• un espace réservé à la vigne, aux petites baies, avec des petits fruits, des moyens, des gros, ceux qui permettront de faire de la confiture, etc

• un verger généreusement planté d’arbres d’essences très diverses ceux qui rappelleront nos anciennes variétés de pommes, des abricotiers, des pruniers - on en dénombre une vingtaine sur le plan d’aménagement du site- 

• des potagers urbains, des bancs, deux espaces terrasses

• sans parler des gîtes pour animaux et installations dédiées à la biodiversité.

Lorsque je confronte cette liste à la surface disponible, cela me rappelle ces situations où en départ de vacance je me retrouve avec d’un côté tout ce que je souhaite emporter et de l’autre, un sac de voyage dont la capacité est incontestablement trop modeste. 

Pour ce qui est de l’intérêt pour ce lieu, il semble répondre à une attente de tant de monde, selon le rapport, qu’on risque de se retrouver dans une situation d’engorgement constant.

Pourtant on ne pense pas que le concept d’un parc public soit mauvais. Nous considérons plutôt qu’il est le support de trop de bonnes idées et de trop de bonnes intentions et que, sans générer de frustration chez quiconque, il serait sans doute possible et opportun d’être un peu plus modeste.

 

Du point de vue technique et financier, nous nous posons également un certain nombre de questions :

• Certaines infrastructures vont bénéficier autant à la coopérative d’en face qu’au jardin public. Je pense notamment à l’accès nord-est, décrit comme « une large ouverture afin de permettre un accès au parc public pour les véhicules et une entrée pour les coopérateurs ». Je pense également à l’aménagement situé au sud est, qui implique l’assainissement d’un bucher et qui fera office de sortie de secours de la salle commune de la coopérative. La coopérative participe-t-elle au financement de ces infrastructures ? Je m’étonne d’autant plus que le conseil général a accepté de vendre pour 1 franc symbolique, à la Coopérative d’en face, l’ensemble des bâtiments dont fait partie le bûcher (arrêté III du rapport 14-010). 

o Le rapport mentionnait  en p.22: 

o "Les constructions sises sur les parcelles n°820, n°45, n°5670, n°12900 et 1446 (en cas d’accord avec la propriétaire actuelle), dont l’état général est très vétuste, sont cédées pour un franc symbolique au superficiaire du DDP (droit de superficie distinct et permanant), qui s’engage à réhabiliter cet ensemble dont l’intérêt a été reconnu par Patrimoine suisse."

Le présent rapport et sa demande de crédit semble donc en total désaccord avec le rapport précédent. Se posent dès lors les questions :

o Sur quelle parcelle se situe le bûcher à rénover pour en faire une terrasse?

o - La Ville n'a-t-elle pas cédé cette parcelle a la CDEF comme le prévoyait l'arrêté III susmentionné ?

o Si la Ville est toujours et restera propriétaire, le CG en a-t-il été informé ? y a-t-il une contre-partie financière ou cette nouvelle donne coûtera encore beaucoup plus à la ville que le projet initial ?

 

• Il est également fait mention de la récupération de l’eau du toit de la coopérative pour alimenter une citerne dédiée à l’arrosage. Cette proposition est certes intéressante et fait l’objet d’une mention dans le petit fascicule « cartiers durables en bref », édité par la confédération et distribué à l’occasion de la présentation du projet de la coopérative d’en face. Cette citerne couterait cependant 60'000.- francs à la Ville. A titre de comparaison, un rapide calcul nous amène à une dépense annuelle de l’ordre de 400 francs en cas d’utilisation d’eau de réseau, il nous faut donc 150 ans pour compenser la mise en place de la citerne. D’autre part, le même fascicule mentionne aussi l’utilisation de l’eau de pluie pour les toilettes, afin de gérer l’eau de la manière la plus rationnelle possible. Or à ma connaissance ce choix n’a pas été retenu. On peut également citer la charte de la cdef (coopérative) qui définit à titre d’objectif :  « un projet respectueux de l’environnement qui vise à minimiser son empreint écologique autant dans l’infrastructure du bâtiment que dans son utilisation quotidienne ». Ou encore citer la motivation du choix de la « Coopérative d’en face » par la Ville (p12 rapport 14-010)  qui mentionne la « Haute qualité environnementale (minergie P minimum, économie d’eau et d’énergie) » et en p17 du même rapport, « la récupération de l’eau de pluie » parmi les critères généraux de construction.

 

La question qui se pose est donc la suivante : 

pourquoi la Ville  finance-t-elle une infrastructure de récupération d’eau, que la coopérative devrait elle-même installer pour ses propres besoins et alors même que le Conseil communal a utilisé cet argument dans son rapport 14-010 comme critère de choix de la CDEF ? 

Le groupe PLR considère donc que le système de récupération d’eau du toit est entièrement de la responsabilité de la Cdef. 

 

• Nous sommes également très surpris par le montant dévolu aux honoraires d’architecte. Si l’on considère les 1475 heures prévues, cela équivaut à 180 jours, ou 10 mois de travail d’une personne à temps complet. Pour l’aménagement d’un jardin dont les contours sont déjà largement dessinés, cela parait hors de la réalité.

• Que dire des frais d’entretien, dont on sait qu’ils vont influencer de manière pérenne les coûts de fonctionnement de la Ville ? Ils sont estimés à 43'000.-/a.. Mis en comparaison avec les coûts d’entretien du jardin public de Serrière, qui se montent à env.21'000.-, ce montant semble lui aussi exagéré et mérite une adaptation. (pour rappel à Serrière, il s’agit d’un jardin avec place de jeux d’une surface de 1850 m2) (Rapport 15-002, Fondation Hermann Russ).

Je rappelle aussi qu’une partie de l’entretien du jardin de Serrière est confiée à l’entreprise Edel’s qui a pour objectif d’employer des personnes durablement éloignées du marché du travail. N’est-ce pas envisageable dans le cas présent ? 

Le groupe PLR suggère que ce montant soit réduit à maximum CHF 20'000.-/a. Cela représente tout de même près de 1 fois et demi le prix d’entretien au m2 défini pour Serrière. 

En conclusion, le groupe PLR considère ce projet comme boulimique de bonnes intentions qui accumulées nous amène à un coût trop important. On peut sans doute simplifier, aller à l’essentiel. Il s’agit également d’exiger de la coopérative qu’elle tienne ses engagements environnementaux, qu’elle participe financièrement aux différents éléments dont elle tire un bénéfice direct, et qu’elle finance elle-même les interventions au niveau des biens immobiliers dont elle est propriétaire. 

Il est peut-être bon de rappeler les déjà très nombreux soutiens que la Ville a octroyé à la Cdef, sous forme d’achat de part sociale pour ½ million, d’un prêt de 200'000.- à 1% d’intérêt sur 30 ans, d’une « location du terrain » à 0% sur 15 ans puis échelonnée jusqu’à 6% sur 70 ans.

Par conséquent nous proposons d’amender l’article premier du projet I d’arrêté, en ramenant le crédit accordé de 1'170'000.- à 900'000.-.

Je vous remercie de votre attention 

Mirko Kipfer