Rapport 17-022 - Programme politique 2018 - 2021

Création : mardi 16 janvier 2018

 

Que de beaux projets, d’importants investissements et d’ambitieux objectifs  pour notre Ville nous sont présentés ce soir par le Conseil communal dans son programme politique et dans sa planification des investissements pour les 4 années à venir.

Le groupe PLR a pris connaissance avec attention de ce rapport d’information d’une importance toute particulière, qui fixe le cap de la politique de la ville et de ses investissements pour les prochaines années. A l’exception de quelques uns de ses membres qui l’ont jugé pour certains un peu nébuleux ou surjoué (l’adjectif fantastique revient pas moins de 20 fois !), notre groupe l’a trouvé, sous réserve des éléments que nous allons développer, des plus intéressants et bien fourni. C’est un gros travail qui a été réalisé là. C’est un beau programme qui nous est présenté. C’est une vision plaisante du futur de Neuchâtel qui nous est apportée. Nous tenons donc pour commencer à en remercier les auteurs, de l’administration comme du Conseil communal. Il y a là-dedans de nombreuses idées très intéressantes, de belles idées pour l’avenir de notre commune. 

Avec le Conseil communal, le groupe PLR souhaite aller de l’avant,  prendre le contre-pied de la morosité ambiante et affirmer le rôle moteur qu’entend jouer la Ville de Neuchâtel au sein de l’agglomération et du canton. Il soutient le Conseil communal dans sa volonté de poursuivre le développement de la Ville par des actions concrètes, par une vision d’avenir et une forte volonté de réalisation. Et au vu des nombreux éléments énumérés dans la planification financière, il y a de quoi faire !

Commençons tout d’abord par mettre l’accent sur certains des objectifs du Conseil communal que le PLR soutient avec force :

1) Valoriser et dynamiser le centre-ville et sa zone piétonne. Cet élément nous paraît primordial. Neuchâtel est déjà, c’est évident, une ville où il fait bon vivre. Mais en améliorant encore l’attractivité du centre-ville, pour ses habitants, ceux des communes alentours et de tout le canton, et pour les touristes aussi, il y a de quoi faire de Neuchâtel un modèle envié loin à la ronde. Pour cela, il faudra empêcher le trafic en zone piétonne, améliorer et diversifier l’offre commerciale, soutenir les initiatives des commerçants, proposer de l’animation. 

2) Définir un avenir pour les Jeunes-Rives et réaliser leur réaménagement. Plus de 15 ans après la fin d’expo.02, il serait temps de passer enfin de la phase d’étude à la phase de réalisation. Le groupe PLR est d’avis, avec le Conseil communal, qu’il faut avancer à présent. Même si le projet devait être redimensionné.  A ce sujet, nous nous étonnons quelque peu que, après avoir occupé les esprits pendant de longues années, le Projet Ring fait semble-t-il place à un projet de Parc solaire urbain. Pratiquement plus un mot sur le ring, il n’est plus question que de parc solaire urbain. Est-ce réellement le souhait de la population ? D’un projet déjà ambitieux et onéreux, ce projet, si l’on y rajoute une importante composante solaire, risque de devenir proprement impayable. Concrétiser un projet aux Jeunes. Rives, oui, même s’il doit être redimensionné à la baisse. Trop en faire, non merci.

3) Le collège latin. Il s’agit de l’un des plus beaux bâtiments de la Ville, peut-être même le plus beau. Idéalement situé et de dimension importante, il mérite évidemment une attention particulière. L’idée d’y concentrer les différentes bibliothèques de la Ville nous plaît et devrait apporter une plus-value à la population dans ce domaine, ainsi que pourquoi pas une rationalisation des ressources. L’idée d’une médiathèque et celle d’en faire faire un véritable lieu de rencontre et de culture sont bien sûr séduisantes et font de l’effet dans le prospectus du Conseil communal. Mais la Ville en at-t-elle réellement les moyens, car cela coûtera inévitablement, en a-t-elle réellement le besoin ? N’y aurait-il pas d’utilisation possible plus proche des besoins de la population, d’utilisation des locaux permettant des économies d’échelle ? La réflexion mérite selon nous d’être poursuivie.

4) Hangar des trams et baie de l’Evole. Encore une situation unique et une chance de développer un projet particulièrement intéressant, dont le pourtour reste à définir. Le groupe PLR encourage le Conseil communal dans son intention de prendre les devants dans ce dossier, même si le bâtiment ou le terrain n’appartiennent pas à la ville. La transformation du hangar des trams constituera le point fort de l’action du Conseil communal dans le domaine de l’économie créative selon le petit prospectus de la Ville. Cela ne ressort toutefois pas clairement du rapport. Si cela est une priorité, il conviendrait de le mentionner clairement.

5) Traitement des micropolluants. La problématique est de grande importance environnementale, pour le monde végétal comme le monde animal, y compris l’être humain bien sûr. Notre groupe se réjouit que les investissements nécessaires soient réalisés prochainement, quand-bien même ils seront très importants. 

6) Densification qualitative des quartiers.  Cette question est également primordiale pour le bien-être de notre population. Une densification du bâti, une augmentation de la population sur le territoire communal semble inévitable et il convient de l’accompagner. Cela ne saurait se faire sans réflexion en profondeur sur les éléments indispensables à une bonne qualité de vie pour nos habitants. Que ce soit en matière d’espaces verts, de places de jeux et de sports, d’accès aux transports publics, d’aménagements routiers, de places en école ou en structures pré- ou parascolaire, densifier a également un coût si l’on ne veut pas que nos enfants ne connaissent que la couleur, le goût et l’odeur du béton. Dans ce cadre, il convient de penser non seulement aux nouveaux ou futurs arrivants, mais également aux habitants actuels de la commune, qui souffrent parfois des effets de la densification. 

7) Améliorer l’image de la Ville et y développer le tourisme. Neuchâtel mériterait en effet bien plus de touristes qu’actuellement. Nous soutenons donc la volonté du Conseil communal de faire plus en la matière,  et notamment de développer un tourisme de congrès. Cela nous paraît une piste intéressante et il existe en la matière une marge de manœuvre importante selon nous. 

8) Relancer un projet de fusion de communes profitable à tous. Le PLR y adhère pleinement. Il invite donc le Conseil communal à aller de l’avant en la matière. Il convient de continuer à développer l’agglomération du littoral pour renforcer sa position de véritable moteur suprarégional.

9) Divers autres éléments ont également le soutien du PLR, sur lesquels nous ne nous attarderons pas par souci de ne pas allonger notre intervention. Nous citerons toutefois la  valorisation des musées, l’avenir de la Place du port, la rénovation du collège des Parcs et la politique de domiciliation des personnes et des entreprises. 

Dans certains domaines, notre groupe aurait souhaité plus d’ambition ou de projets de la part du Conseil communal :

1) Développer l'attractivité de la ville pour attirer de nouveaux contribuables, en particulier  aux revenus substantiels. Pour se développer, la ville a besoin de moyens financiers. Et ces moyens, ce sont principalement les gens à fort potentiel économique qui les apportent, que ce soit par leurs impôts ou par leur consommation. Il faut donc encourager la création de nouveaux logements de standing, y compris pour le 3e âge. Les personnes âgées sont l’avenir de notre société. C’est la statistique qui le dit. Il faut également viser à la création de richesses sur le territoire communal, à la création de postes de travail (hors administration, cela s’entend)

2) Améliorer l’accès à la gare : en transport public comme en voiture. Ce serpent de mer mérite une attention particulière de nos autorités. Plus la population et plus la pendularité augmenteront, plus le problème s’accentuera. Il convient de s’atteler à le régler. Fluidifier le trafic motorisé en Ville ne serait pas un luxe non plus.

3) Prendre des mesures efficaces contre l’augmentation des déchets sur la voie publique. Pas seulement au centre-ville ou aux Jeunes-Rives, mais partout où ces problèmes se rencontrent. Le littering, les incivilités, les poubelles publiques débordantes, la population y est sensible. Ce seul phénomène peut détruire à lui seul toute campagne visant à redorer l’image de la ville. Il convient de le combattre avec vigueur.

4) Chercher à développer des projets pour l’avenir de l’Hôtel des impôts, et pourquoi pas aussi de l’Hôtel de la Poste. Ces deux objets sont idéalement situés et pourraient apporter plus qu’ils ne le font à l’attractivité ou à l’animation du centre-ville. Le home bâlois aussi, bien qu’un peu moins centré, mériterait une solution.

5) Mener une politique active en matière de sécurité. Le programme politique, à notre grand étonnement, ne traite pas de la question de la sécurité. Pas un mot sur la prévention, sur la présence policière, ni sur la répression. La sécurité est pourtant une condition fondamentale pour une bonne qualité de vie, sans nécessiter forcément de moyens supplémentaires. Cet aspect manque à nos yeux.

Sur la base des différents éléments que nous venons de soulever, il y a déjà de quoi générer d’importants projets. Ceux qui suivent, mentionnés par le Conseil communal, ont laissé notre groupe plus sceptique :

1) Faire de Neuchâtel une ville « Communauté bleue » (p. 28). Ca sonne pourtant bien, nous vous le concédons volontiers. Mais Neuchâtel a déjà le label « Cité de l’énergie », Neuchâtel se veut capitale du photovoltaïque, Capitale du fantastique, Capitale du chocolat. Cela fait beaucoup pour une petite Ville et l’on peut légitimement se demander si l’on ne s’éparpille pas un peu en allant chercher à obtenir un label supplémentaire. Le groupe PLR soutient volontiers la prise de mesures pour mettre en valeur le lien entre Neuchâtel et l’eau, mais ne pense pas utile d’entrer dans des structures ou d’obtenir à tout prix des labels, qui fixent des critères contraignants et souvent onéreux sans véritable plus-value. Neuchâtel est liée à l’eau, c’est ainsi. Avec ou sans nouveau label. 

2) Développer une monnaie locale. L’idée est sympathique, c’est vrai. Un peu anachronique à l’heure du Bitcoin, mais pas inintéressante. Le soutien au commerce local nous tient évidemment à cœur. Notre groupe n’est pas contre le fait que cela soit étudié. Par contre, le faire au niveau communal, nous trouvons cela un peu… petit. Alors que l’on ne parle que d’œuvrer pour la cohésion cantonale,  Neuchâtel se mettrait à frapper une monnaie communale. Réfléchissons-y à deux fois si vous le voulez bien.

3) Créer une allocation de résidence pour favoriser le personnel communal résidant sur le territoire communal : l’idée est intéressante. Mais quel est  le but poursuivi ? Créer une nouvelle allocation, et donc augmenter la masse salariale et les charges de la commune ? Ou remplacer une part du salaire actuel par cette nouvelle allocation, donc réduire le salaire des employés non-résidents ? Dans les deux cas, il n’y aura pas que du positif. Et si l’on veut réellement inciter le personnel à se domicilier en Ville, l’allocation devra être d’une certaine importance, ce qui pourrait créer des problèmes d’égalité de traitement. S’il est interdit de payer plus un homme qu’une femme, est-il juste de payer plus un neuchâtelois qu’un altaripien pour le même travail ? De plus, cette mesure serait en faveur des seuls fonctionnaires communaux. Le reste de la population n’en est-elle pas digne ? Une mesure bénéficiant à l’ensemble des habitants de la ville serait préférable selon nous. Commun une baisse d’impôts par exemple. Cela augmenterait également l’attractivité de la Ville comme lieu de domicile pour les employés.

4) Intensifier la politique foncière de la ville (p. 16). Notre groupe n’y est pas fondamentalement opposé. Pourquoi ne pas le faire de manière ponctuelle, si une occasion intéressante se présente. A condition toutefois de prendre garde au rendement de tels investissements. Nous nous interrogeons cependant sérieusement de savoir comment le Conseil communal pense financer cette politique, du moment que la Ville n’est déjà pas en mesure de financer ses investissements sans s’endetter.

Finalement, nous souhaitons soulever encore deux points spécifiques du programme politique qui n’ont pas le soutien du PLR, bien au contraire : 

1) Les assemblées citoyennes. Je vous avouerai que nous avons un peu l’impression de nous répéter en la matière. Il faut privilégier selon nous la collaboration avec les associations de quartiers existantes, utiles et efficaces, plutôt que la création coûteuse et superflue de nouvelles « assemblées citoyennes ». Le Conseil communal a déjà de la peine à intégrer les commissions du Conseil général et le Conseil général dans ses réflexions et le développement de ses projets. Qu’en sera-t-il avec un échelon supplémentaire encore ? Le CC a de la peine à intégrer le CG ou ses commissions dans ses travaux. Faut-il rajouter encore un niveau supplémentaire ? A ce sujet d’ailleurs, la commission de politique immobilière et du logement a-t-elle été consultée sur la volonté du Conseil communal d’intensifier la politique foncière de la Ville ? Non..

2) Octroyer des prêts à des start-ups ou à des entreprises (p. 26 du rapport). Quelle magnifique fausse bonne idée. Pensez-vous que la Ville ait les compétences de d’examiner sérieusement des demandes de financement d’entreprises, et en particulier de start-ups ? Et d’assurer le suivi des prêts effectués ? A moins de racheter la division crédits de la Banque cantonale, permettez-nous d’en douter ! Laissez-donc svp les activités privées aux privés, et concentrez-vous sur les tâches de la Ville, en commençant peut-être par assurer des conditions cadres de qualité aux entrepreneurs, avant de jouer les apprentis investisseurs en start-up.

Pour résumer brièvement notre intervention jusqu’ici : notre groupe a trouvé du bon dans ce programme politique, du très bon même. Mais pas seulement. Evidemment, vu les majorités dans nos conseils, c’est le contraire qui aurait été surprenant.  

 

 

 

 

 

Fixer un cadre financier sain et des priorités

Un gros travail a  été réalisé pour rédiger ce programme politique et cette planification des investissements, nous l’avons dit en ouverture de notre prise de parole, et nous nous en félicitons.  

Mais ce travail, car il y a un mais – et un mais de taille en l’occurrence -, ce travail  n’est pas terminé aux yeux du groupe PLR ! Il manque en effet 2 aspects fondamentaux, essentiels, cruciaux, au programme politique dont on nous demande de prendre acte :

1) Un cadre financier sain, et

2) conséquence de ce premier aspect : Une priorisation des projets envisagés.

Un cadre financier sain tout d’abord.  Un cadre financier sain, donc raisonnable, doit être le propre, la condition sine qua non de toute action politique, de tout budget et de tout programme politique. Sans cela, à plus ou moins long terme,  toute entité publique va vers de gros ennuis, aussi bien financiers que politiques.

Et ce cadre doit être fixé principalement par la capacité financière de la Ville, soit ses rentrées financières. Les projets devraient idéalement pouvoir être financés dans le cadre des revenus de la commune, sans avoir à vider les réserves ou à s’endetter outre mesure. Des exceptions sont évidemment possibles. Puiser dans les réserves en cas de coup dur, utilisé une réserve dans le but pour lequel celle-ci a été constituée, cela reste bien sûr dans un cadre financier sain. S’endetter pour financer occasionnellement un projet d’envergure, comme pourraient l’être les Jeunes-Rives par exemple, ou pour financer occasionnellement un investissement important, comme la réfection d’un collège ou d’un bâtiment important,  est aussi évidemment possible dans un cadre financier sain.

Force est malheureusement de constater que le programme politique et des investissements du Conseil communal ne rentre pas dans un cadre financier sain, qu’il n’est financièrement pas raisonnable. Le seul cadre que s’est fixé le Conseil communal est très simple, c’est la limite maximale fixée par nos règlements : il envisage de dépenser ou d’investir autant que permet de le faire le règlement ! Et pour cela, il utilise deux outils du règlement :

1) 1e outil : La règle de l’autofinancement : 70 % au minimum des investissements doivent être autofinancé selon nos règlements. Donc on peut s’endetter à hauteur de 30% pour financer ses investissements. Et cette limite est utilisée au maximum par le Conseil communal selon le tableau en p. 44 présentant l’insuffisance de financement, tableau qui présente qui plus est  une capacité d’autofinancement bien optimiste, pour ne pas dire surévaluée pour 2021.

 

2) 2e outil : Le concept, mal nommé, de préfinancement. Mal nommé car il s’agit en réalité d’une autorisation de vider ses réserves pour financer ses investissements, tout en respectant la règle que nous venons de mentionner des 70% d’autofinancement. C’est 42 millions de francs que le Conseil communal envisage de puiser dans les fonds et autres réserves (p. 38). Ce procédé a été accepté par les autorités cantonales, nous direz-vous. Oui, c’est vrai, c’est écrit toujours en p. 38 du rapport. Mais entre nous, les autorités cantonales sont certainement très compétentes pour déterminer ce qui est légal ou non en matière comptable, pour ce qui est de déterminer comment gérer sainement les finances publiques, des doutes sont permis.  

Le Conseil communal envisage donc dans son rapport d’utiliser ces 2 leviers au maximum pour financer ses projets. D’utiliser au maximum la  marge de manœuvre que la loi lui autorise : on emprunte le plus possible et on puise autant que faire se peut dans les réserves. Mais il oublie complètement que ces règles sont justement des valeurs limites, des garde-fous, des seuils d’alerte. Le but n’est pas de les atteindre en permanence, mais une fois ou l’autre si cela est nécessaire, comme en cas de coup dur.  

Sur une route limitée à 50 km/h maximum, on ne roule pas en permanence à 50. On freine avant les virages, on ralentit quand la route est mauvaise ou se rétrécit, on diminue sa vitesse avant un cédez-le-passage, on adapte sa vitesse en cas de brouillard ou de forte pluie. Et on s’arrête même parfois pour faire le plein. Le Conseil communal, lui, propose de rouler à 50 en toutes circonstances, de ne jamais ralentir et, de ne jamais faire le plein. Il propose d’investir au maximum en tout temps.  Il oublie juste, ce faisant, que cela engendrera une augmentation massive de la dette. Et que quelqu’un devra un jour, soit la rembourser, soit, en assumer une charge d’intérêts qui ne manquera pas d’augmenter. Les décisions de la Fed aux USA et de la Banque centrale européenne le présagent déjà aujourd’hui. Cette manière de faire a un sérieux goût d’ « après moi le déluge », vous en conviendrez. Et vous aurez raison d’en convenir avec nous.

Il manque donc un cadre financier sain, pourtant fondamental, à ce programme politique. Et pour notre groupe, cela est une condition sine qua non à un accord à tout programme politique. 

Une fois un cadre financier sain fixé, qui pourrait consister en un autofinancement à 90% par exemple actuellement, mais qui devrait être de 100% à long terme, l’ensemble des investissements souhaités par le Conseil communal n’est évidemment plus réalisable, car beaucoup trop ambitieux, totalement déconnecté de la capacité financière de la Ville.

Il faut alors s’atteler au 2e aspect fondamental manquant dans ce programme politique : Fixer des priorités. Procéder à une priorisation des projets. Préciser quels projets sont si urgents ou importants qu’ils doivent être réalisés prochainement, lesquels peuvent attendre un peu, et ceux auxquels il faudra renoncer faute de moyens suffisants. Et ce travail n’a pas été fait. Ou n’a pas été suffisamment fait, car nous envisageons bien que le Conseil communal a tout de même renoncé à certains projets dans le cadre des travaux de préparation de ce rapport.  

Nous admettons volontiers qu’il n’est pas facile de faire ces choix. D’autant plus que différents importants crédits déjà votés limitent fortement les investissements possibles des prochaines années. La Collégiale coûte cher, très cher par exemple.  Le Musée d’ethnographie aussi. L’annexe du collège des Terreaux et le cimetière représentent également de gros investissements.  Et il y en a d’autres. Oui, ils limitent les possibilités d’investissements pour la législature à venir. Mais c’est ainsi et il faut l’accepter. Il n’est pas possible de vouloir tout faire. Assumons les choix que nous avons faits.  Et si la ville ne peut financer à côté de ceux-ci qu’1, 2 ou 3 projets d’importance, elle doit s’y limiter ! Si les Jeunes-Rives sont décidées prioritaires, alors allons-y, mais le reste, une partie du moins, doit attendre.

A y regarder de plus près, ce programme ressemble donc en réalité plus à un feu d’artifice qu’à un véritable programme politique. On en a plein la vue, mais c’est de la poudre aux yeux car on n’a pas les moyens de le réaliser.  En lisant la liste des investissements prévus à la lumière de la capacité financière de la Ville, on a l’impression de se trouver non pas devant le programme 2018-2021, mais plutôt 2018-2024. 

Permettez-nous encore deux remarques, pas complètement anodines avant de conclure :

1. Le conseil communal s’est appuyé sur une analyse de l’institut du management des villes et du territoire de la HEG arc, analyse fort intéressante par ailleurs. Il n’est toutefois peut-être pas illégitime de se demander si cette analyse est véritablement scientifique et neutre, comme le mentionne le rapport en p. 6. Son auteur peut-il réellement être qualifié de neutre en matière de politique neuchâteloise ? Et que dire la référence théorique de ce rapport à la théorie de l’enrichissement, théorie développée par des auteurs que l’on peut difficilement qualifier de neutres politiquement. 

2. Il est mentionné noir sur blanc par le Conseil communal, en p. 6 de son rapport, que, je cite « pour permettre le développement voulu de notre cité, des finances saines et une maîtrise de la dette sont considérées comme nécessaires ». On se demande donc ce que signifie une maîtrise de la dette pour le Conseil communal. Car une augmentation de 81 millions de francs de dette sur 4 ans (p. 47), cela ressemble terriblement à une sérieuse perte de maîtrise.

Conclusion

L’absence de cadre financier sain et de priorisation des projets à réaliser, condition préalable pour le groupe PLR à son soutien au programme politique, fait cruellement défaut. Cette absence fait que  notre groupe ne pourra malheureusement pas prendre acte ce soir du programme politique qui nous est présenté. Je dis malheureusement car nous sommes favorables à de nombreuses mesures et projets envisagés, et que l’enthousiasme du Conseil communal nous plaît ! Il nous plaît, mais pas en dehors de toute réalité financière. 

L’objectif fixé par le groupe PLR  de maintenir l’endettement à son niveau actuel, et de ne faire exception à cette règle que pour financer un ou deux projets d’envergure qui auront été choisis comme prioritaire, comme les Jeunes-Rives ou le hangar des trams, cet objectif n’est de loin pas atteint. Il semblerait même que le Conseil communal n’en ait pas tenu compte, alors que nous répétons à l’envi que la Ville doit arrêter de vivre au-dessus de ses moyens. 

Une telle politique ne pourra avoir à moyen terme que deux conséquences qu’il convient d’éviter par-dessus tout selon nous : 1) augmenter les impôts et 2) hypothéquer les projets des futures autorités. Le groupe PLR se refuse à le faire. 

La réduction des charges et une maîtrise de la dette sont deux priorités fondamentales pour le PLR. Le Conseil communal n’a malheureusement pas voulu l’entendre, ou pas voulu en tenir compte, il devra donc faire sans le soutien de notre groupe à son programme politique. C’est dommage, car sur le fond, nous sommes d’accords au moins à 75% avec le Conseil communal. 75%, soit la part que la commune est en mesure de financer.

 Merci de votre attention.

Pour le groupe PLR au Conseil général

Alexandre Brodard