17-020 - Rapport d’information du Conseil communal au Conseil général concernant la mise en place d’une politique de santé au travail pour le personnel de l’Administration communale de Neuchâtel

Création : mardi 16 janvier 2018

 

Le début d’année est le temps des résolutions et des bons vœux. La santé apparaît souvent en tête de liste des souhaits. Ce soir, la santé des collaborateurs et des collaboratrices de la Ville de Neuchâtel s’invite dans cet hémicycle. Une thématique qui touche directement 1200 personnes.

La santé au travail, c’est comme les cascades de dominos. Le premier élément, les travailleurs, s’ils flanchent, entraînent dans leur déclin leurs employeurs, qui, à leur tour, font perdre l’équilibre à la société toute entière.

Les risques physiques et psycho-sociaux au travail sont identifiables et leurs coûts mesurables. 

A titre d’exemple, en Suisse, selon une étude du SECO qui date un peu l’ensemble des coûts (uniquement) financiers attribuables aux effets négatifs des situations de travail sur la santé totalisent 7.8 milliards de francs, dont 4.2 milliards pour le stress et 3.8  milliards pour les accidents professionnels. Une partie de ces montants est directement assumée par les employeurs (SECO).

L’employeur a une obligation légale de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer et d’améliorer la protection de la santé physique et psychique de son personnel, mais il a aussi, et avant tout, une responsabilité sociétale.

Mais, certains employeurs rechignent à s’y soumettre. Ils perçoivent encore la prévention de la santé au travail de façon réductrice comme une action difficile à mettre en œuvre et qui entraîne des coûts supplémentaires. 

Nous relevons avec grande satisfaction que tel n’est pas le cas de la Ville de Neuchâtel, qui s’engage déjà depuis plusieurs années dans des mesures – concrètes – qui permettent à son personnel d’évoluer dans un cadre de travail sain et sécuritaire. Notre Ville continue aujourd’hui ses efforts avec un concept intégré et durable de la santé au travail. 

Nous sommes d’avis que le capital humain fait partie des ressources dont nous devons prendre soin. Cela est d’autant plus vrai en ces temps difficiles où les contraintes économiques pèsent également sur l’administration publique et que les collaborateurs et collaboratrices de notre Ville n’échappent pas à devoir faire plus ou mieux avec moins.

Un environnement de travail optimal permet de gagner en efficience.

Différentes études montrent que les mesures de prévention permettent un retour sur investissements. Il apparaît également que le coût du préventif est dérisoire par rapport au coût du curatif, ce d’autant plus que la dépense est ponctuelle pour un effet sur le long terme.

Le rapport, en p. 16, nous donne d’ailleurs une illustration parlante, que nous cautionnons, du ratio entre le coût du projet de santé au travail et les économies annuelles potentielles.

Nous prenons bonne note que le projet repose sur trois axes thématiques et se déroule en plusieurs phases.  Nous sommes satisfaits que les leviers d’action se situent non seulement au niveau des personnes, mais aussi du cadre de travail, tant il est vrai qu’une organisation de la taille de notre Ville peut être pathogène. Nous saluons à ce titre la future formation des cadres au niveau du développement et du renforcement de leurs compétences de management. Formation qui viendra compléter ce que le dispositif d’écoute et de gestion des conflits en place depuis 2016 peut apporter au niveau individuel et organisationnel. 

A ce sujet, nous attendons que la Ville profitent des retours qui lui sont faits. Les expériences individuelles peuvent et doivent servir au collectif. Elles sont souvent un révélateur de dysfonctionnements organisationnels et donnent des pistes d’amélioration. 

L’annonce faite en fin de rapport que nos Conseillers communaux se soumettront aux diverses mesures n’est pas anecdotique. 

De l’exemplarité dépend l’efficacité d’un concept de santé au travail. De l’exemplarité et de l’implication. Nous saluons donc que la mobilisation des acteurs intervienne à tous les échelons de la hiérarchie. Et nous attendons donc que les collaborateurs et collaboratrices s’impliquent au côté de la Ville.

Nous encourageons enfin le Conseil communal, comme il s’est engagé à la demande du Conseil général, à tenir régulièrement au courant la Commission financière sur les questions d’absentéisme et de santé au travail ainsi que sur le suivi de ce projet.

Mesdames, Messieurs, vous l’aurez compris, le groupe PLR a pris connaissance avec grand intérêt et pleine satisfaction du rapport 17-020. Nous en prendrons donc acte à l’unanimité. Je vous remercie de votre attention et, surtout, vous souhaite à chacun et chacune d’entre vous, une bonne santé !

Raymonde Richter