Rapport d'information du Conseil communal au Conseil général en réponse à la motion no 315 intitulée "A Neuchâtel, on sème !" concernant le jardinage urbain et le projet pilote d'agriculture urbaine de Pierre-à-Bot

Création : lundi 30 avril 2018

Autant le dire tout de suite, ce rapport n’a pas soulevé l’enthousiasme du groupe PLR.

Non pas que nous soyons opposés au jardinage urbain, ni à l’implantation de bacs de jardinage dans les quartiers. Nous sommes plutôt interpellés par la débauche de moyens engagés, en particulier dans le projet de Pierre-à-Bot.

Dans le cadre de l’élaboration organisationnelle de jardins de Pierre-à-Bot, j’ai compté quatre services, trois attachés ou représentants divers, l’université, une association mandatée pour organiser les interactions entre 4 voire 5 autres associations. Ce déploiement pour mettre en place un potager urbain « temporaire » nous laisse perplexes.

Au travers de ce constat, nous nous interrogeons à propos des priorités voire des dotations de certains départements de la Ville, notamment celui de l’urbanisme.

Si l’on considère que les CHF 135'000.- de dépenses indiqués en p.13 du rapport ne représentent que les coûts « externes », nous n’osons pas imaginer le coût global de l’opération. Par ailleurs, nous nous demandons s’il était nécessaire de mandater l’université pour une étude Ethno-biologique, à 20'000 Frs. ? la réponse est de notre avis clairement négative.

Il nous parait évident que les moyens déployés pour ce projet ont été très largement exagérés et qu’un résultat équivalent aurait sans doute pu être atteint, bien plus simplement, sans sombrer dans la démesure.

Seul aspect positif, nous remarquons que dans sa conclusion le Conseil communal reconnait, je cite, « que ce modèle de projet est très gourmand en temps, ressources et moyens », fin de citation. Nous osons espérer qu’il en tirera les conclusions qui s’imposent.

 

Quelques points encore que nous souhaitons aborder.

·       En p.12 du rapport est mentionnée l’intention d’implanter des haies, des buissons et de réaliser un verger. Nous ne contestons pas ces projets. Il nous parait cependant indispensable, que pour tout potager urbain, dont la vocation peut n’être qu’une utilisation transitoire d’un terrain inoccupé, l’aménagement ne remette pas en cause la vocation première de la parcelle. Concrètement pour le jardin de Pierre-à--Bot, les différents aménagements et plantations ne doivent pas empêcher la constructibilité à l’échéance de 2030 (pour rappel le terrain est une propriété privée communale, constructible, mais gelée jusqu’en 2030, selon le plan directeur régional).

·       Quant au souhait du Conseil communal d’établir un plan directeur du jardinage urbain, afin de répertorier les espaces disponibles pour l’implantation de potagers urbains ou de bacs de jardinages, cela nous parait totalement inapproprié. Chacun doit pouvoir formuler une demande d’utilisation d’un espace, et la Ville, sur la base des critères qu’elle considère opportuns, fera part de sa décision. Au contraire, l’établissement d’un plan directeur implique un travail très conséquent pour les services concernés, qui ne donnera sans doute qu’une vision lacunaire des disponibilités et présentera, dans bien des cas, un frein à toute initiative individuelle. Nous y sommes par conséquent opposés.

·       De notre point de vue, l’utilisation d’espaces publics à de fins de jardinages, doit être réglé au cas par cas, avec en filigrane, une charte qui définisse clairement les conditions d’utilisations de l’espace, respectivement des infrastructures mises à disposition ainsi que les conditions d’exploitations.

 

Compte tenu de ce qui précède, le groupe PLR ne prendra pas acte du présent rapport. Il acceptera cependant le classement de la motion N°315.

Mirko Kipfer