18-005 - Comptes 2017

Création : mardi 5 juin 2018

Avant de vous donner la position de notre groupe sur les comptes 2017, nous souhaiterions souligner l'important travail réalisé par l'admnistration et le conseil communal pour nous fournir le document que nous allons discuter ce soir, soit le rapport sur la gestion et les comptes 2017. 582 pages d'informations, de chiffres et d'explications, quel travail réalisé en amont ! Merci beaucoup à toutes celles et ceux qui ont contribué à la rédaction de ce rapport. Plus important encore, car ces 582 pages ne représentent finalement que le reflet sur papier de l'activité réelle de la commune, nous souhaitons saluer l'immense travail réalisé en 2017 par l'ensemble de l'administration communale, qui jour après jour, ne compte pas ses efforts pour satisfaire les habitants de notre belle ville. Pour tout cela également, merci à tous nos dévoués employés !

Revenons à présent à ce rapport, car c'est bien lui qui nous rassemble ce soir. 

A en croire le Conseil communal, dans ses conclusions en p. 42, sur le plan financier, l’exercice 2017 démontre la bonne maîtrise des charges du Conseil communal dans une période politico-législative cantonale mouvementée. Les charges maîtrisables par notre Conseil l’ont été parfaitement, la rubrique « charges de biens et services » étant en forte diminution par rapport au budget 2017. Le nombre d’EPT a été contrôlé et se situe en dessous de celui prévu au budget. La dette à long terme s’est stabilisée à 300 millions. En résumé, le Conseil communal semble très satisfait de son exercice.

A en croire la commission financière également, ces comptes semblent bons, elle qui "salue le résultat à l’équilibre" et parle d'efforts importants effectués par le Conseil communal.

Autant vous le dire d'emblée, le groupe PLR ne fait pas la même lecture des comptes 2017. Les chiffres qui nous sont présentés ne nous satisfont pas, loin de là. Ils font bien sûr état de manière conforme à la réalité des dépenses et entrées de la Ville en 2017, mais ils ne sont pas bons. Ils sont même inquiétants à différents titres. Le seul chiffre de 6,5 millions de déficit opérationnel parle de lui-même.

Bien sûr, avec le Conseil communal et la commission financière, nous admettons volontiers certains éléments positifs.

1) Les chiffres des comptes sont meilleurs, voire nettement meilleurs que ceux du budget. Il a pu être renoncé à d'importants prélèvements aux réserves.

2) En matière de personnel, le nombre de postes ou EPT est inférieur au budget.

3) La dette n'augmente pas.

4) Le budget est respecté dans la plupart des dicastères, et des efforts ont été faits. Nous saluons ici en particulier les efforts réalisés par les directions de l'éducation, de la sécurité et des infrastructures, qui ressortent en page 37. En outre, nous souhaitons souligner l'important travail de restructuration qui a été réalisé récemment dans le dicastère de la sécurité - exemple à suivre ! - et au centre d'impression. Bravo. 

5) De manière générale, les prestations à la population sont de qualité et sont appréciées. 

 

Il y a donc du positif, certes. Mais si on lit ces comptes de manière un peu plus détaillée, ce qui devrait être retenu et nous mettre en garde, c'est que :

1) Si les comptes sont meilleurs que le budget, ils présentent surtout une perte opérationnelle très importante : 6,5 millions de francs. La Ville a donc dépensé 6,5 millions de plus qu'elle n'en a gagné. 6,5 millions de trop. A ce rythme, on ne va pas vers le beau au niveau comptable.

2) Si le nombre de postes de travail à l'administration, rapporté en EPT, est inférieur au budget, il n'en reste pas moins qu'il est en constante augmentation depuis de trop nombreuses années. Les charges de personnel sont le principal poste au niveau des charges. Sans réduction à ce niveau, on voit mal comment les finances de la ville pourront s'améliorer.  A ce sujet, nous n'avons pas oublié les engagements pris par le Conseil communal au budget 2018 de ne plus augmenter la masse salariale à l'avenir. Nous attendons que cela vaille sur le long terme.

3) Si la dette n'augmente pas en 2017, c'est uniquement car la ville n'a pas investi. Ou pratiquement pas. Il n'y a sérieusement pas de quoi fanfaronner. Seuls 16 millions sur les 37 budgétés l'ont été. Moins de la moitié. La capacité d'autofinancement de la ville est trop faible. Pourtant, en 2017, la charge de la dette a encore diminué de 1 million de francs. De plus de 10 millions par an sur les dernières années grâce à la baisse des taux d'intérêts. Autant d'argent qui devrait servir à couvrir les investissements ou à réduire la dette. Mais non, à Neuchâtel, il sert à payer les surcharges structurelles. 

Il faut en outre garder à l'esprit, que si les comptes présentent une dette de 300 millions de francs, il convient en réalité d'y ajouter la part de la ville au découvert de la Caisse de pension de l'état. A ce sujet, on apprend en page 573 du rapport - comme quoi il vaut la peine de le lire jusqu'au bout -, que celui-ci se monte à 134,683 millions. 135 millions !  Auxquels s'ajoutent encore 85 millions garantis pour différentes entités paracommunales. La somme déterminante de dette pour la ville se monte ainsi en réalité à un montant bien supérieur à 300 millions.

4) Des efforts ont été faits ? Par rapport au budget, c'est sûr, du moins au niveau des Biens-Services-Marchandises ("BSM"). Mais mis à part en matière de BSM, quelles efforts ont-ils véritablement été réalisés ? Quelles mesures concrètes ont-elles été prises ? Cela ne ressort malheureusement pas des comptes. Et si cela n'en ressort pas, nous craignons que la raision en soit bien simple : il n'y a pas réellement eu de gros efforts réalisés pour faire des économies.

 

En résumé, c'est évident, Mesdames et Messieurs, les comptes de la Ville sont bien moins positifs que ce que le Conseil communal aimerait nous faire croire.

Nous nous voyons donc contraints, au risque malheureusement de nous répéter, de demander encore une fois avec force que des efforts sérieux de réduction du déficit opérationnel soient effectués. Les charges de fonctionnement de la ville doivent diminuer. Nous attendons toujours à ce sujet les mesures promises par le Conseil communal pour améliorer l'efficacité de l'administration. Et notre patience s'étiole. La Commission financière n'a pratiquement pas été consultée à ce sujet à notre connaissance. Cela n'est pas très bon signe. Serait-ce trop de mander qu'elle obtienne au moins une vue générale des mesures envisagées ? 

A défaut de mesures, soit la dette augmentera, soit la ville ne sera plus en mesure d'investir à la mesure de ses ambitions, soit elle négligera encore plus qu'elle ne le fait déjà actuellement l'entretien de son patrimoine. 

Pour ne rien vous cacher, l'impression que nous laissent un peu ces comptes 2017, c'est que le Conseil communal joue la montre et évite de prendre des mesures sérieuses d'économies. Dans l'attente peut-être de jours meilleurs au niveau des rentrées fiscales ? Qui sait. Toujours est-il que nous ne voyons rien venir. Et que le pari est risqué. 

Faut-il le préciser, l'excuse d'un éventuel processus de fusion, déjà utilisée par le Conseil communal lors de la précédente législature pour éviter de prendre des mesures d'économies, fera l'objet d'une fin de non-recevoir claire et nette.  Peu importe le vote à venir à Peseux et son résultat, des mesures structurelles doivent être engagées à Neuchâtel.

En conclusion, malgré un certain mécontentement au sein de notre groupe pour les raisons évoqueées, notre groupe soutiendra les arrêtés qui nous sont présentés, ainsi que l'amendement du Conseil communal. Non pas que cela nous enchante, mais car nous n'avons pas de doute qu'ils correspondent à la réalité Et c'est cela qui est demandé d'un rapport sur les comptes.

Je vous remercie de votre attention. 

Pour le groupe PLR au Conseil général

Alexandre Brodard