Vivre la Ville « Gouverner, c’est prévoir ? Ah bon… »

Publication : mardi 21 février 2017

En matière de budget, les réserves financières d’une commune, accumulées pendant les années fastes, c’est comme un parapluie : on ne les ouvre que lorsqu’il pleut. Aujourd’hui, pour la commune de Neuchâtel, le temps menace de se mettre au gris.

Les charges ne cessent d’augmenter, alors que les revenus restent stables, voire augmentent légèrement.

En clair, alors que la situation de la Ville devrait être stable, on dépense sans cesse plus d’argent. Ce n’est pas une bonne politique.

Une politique raisonnable devrait nous porter à équilibrer notre budget en conservant précieusement nos réserves pour des temps plus durs.

Le problème actuel pour la Ville est que le déficit est structurel alors que les réserves dans lesquelles on puise allégrement doivent servir à solutionner des problèmes conjoncturels.

Lors du dernier Conseil général, le PLR en a fait la remarque : par amendement, il demandait de réduire les dépenses de la Ville de 2 millions par année. Sur un budget qui dépasse les 250 millions, la tâche ne paraissait pas insurmontable.

Même la Commission financière s’inquiète de la situation : lorsqu’elle a dû se prononcer sur le budget 2017, c’est avec une majorité d’abstention qu’elle a finalement transmis son rapport au Conseil général. Le signal est fort : si le budget n’est pas formellement refusé par la commission, il n’est tout de même adopté que par défaut.

La Commission financière est prudente parce qu’elle sait que le gros temps menace.

Les années qui viennent exigeront de forts investissements : Jeunes-Rives que les Neuchâtelois attendent désormais depuis 15 ans, soutien au commerce local, développement du centre-ville, développement territorial de la commune, investissements d’infrastructures, réalisation des innombrables mesures prévues dans le cadre des éternelles procédures participatives... Tout cela ne sera pas gratuit.

Ce n’est pas tout. Le ciel se couvre aussi du côté cantonal : l’état affolant des finances du canton provoquera comme d’habitude un nouveau report de charges du Château vers la commune. Cet argent que le canton se révèle incapable d’économiser tout seul, il demandera aux communes de le trouver. Et la Ville est plus fortement mise à contribution que les communes moins importantes ou plus pauvres.

Bref, si la commune s’est patiemment munie du parapluie des réserves financières, c’est pour pouvoir l’ouvrir quand l’orage éclatera et que les dépenses ainsi que les reports de charges pleuvront. Pas pour l’ouvrir avant la pluie.

En décidant de puiser dans les réserves pour équilibrer le budget 2017, la majorité de gauche du Conseil général a hélas choisi de maintenir son train de vie dispendieux en refusant de voir la réalité en face.

Ce faisant cette majorité de gauche très imprévoyante fait courir un risque important aux habitants de la Ville : quand il pleuvra vraiment et que nous n’aurons plus de parapluie, ce sont les contribuables qui se feront mouiller en premier.

Keynes, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Christophe Schwarb, conseiller général PLR