Coup de gueule : Mais où sont passées les neiges d’antan ?

Publication : mardi 21 février 2017

Le Canton de Neuchâtel est magnifique. Des rives du lac aux sommets du Jura il est un espace entre la plaine et l’Arc jurassien. Ce lac aux multiples couleurs changeantes, ces montagnes aux arbres majestueux qui se font de plus en plus rares avec l’altitude pour disparaître enfin et laisser place aux crêtes rudes et puissantes. Du vin des coteaux ensoleillés on passe à la racine de gentiane avec tout autant de bonheur ! Oui nous vivons réellement dans un Pays merveilleux. Il y a tout ici pour être heureux… même de l’absinthe.

Pourtant on ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter pour notre avenir. Le Canton va mal et ses habitants perdent espoir. Pire ils ne croient plus aux politiciens ! Incapables de redresser une situation bien mal en point. C’est moche quand on ne croit plus à l’avenir…

Je veux y croire encore un peu. Car au fond les choses pourraient être bien plus simples. Notre Canton est beau certes mais il est aussi tout petit… ce qui pourrait être une chance. Ne dit-on pas en bon patois neuchâtelois « Small is beautiful ». Eh ben non pas chez nous…. on est incapables de sortir de nos micro-régionalismes. On n’est pas capables de penser un tant soit peu plus grand et de voir plus loin que son nombril… On veut tout partout ! Surtout rien lâcher ! Et se perdre dans des projets qui ne sont porteurs pour personne sauf pour ceux qui les réalisent… et pour certains élus fiers de surcroît d’avoir fichu par les fenêtres les deniers publics ! ça suffit ! Basta !

De mère neuchâteloise, Sandoz, je suis venu de mon Tessin natal voilà 25 ans pour mes études universitaires. A l’époque je pensais que le Canton de Neuchâtel 25 ans plus tard serait bien plus développé que ce qu’il est en réalité. Ne serait-ce que par l’effet de la saturation de Genève et de la Riviera vaudoise. Je pensais aussi que les beautés du Canton auraient finalement eu raison d’une mauvaise réputation qui nous colle aux basques et qui est justifiée malheureusement si l’on prend tous les comparatifs où l’on est en dernière position (fiscalité, suicides, aide sociale, etc.).

Mais regardons les choses en face : Nous avons été incapables de nous profiler, de travailler notre attractivité et surtout de communiquer sur nos avantages ! En vérité notre Canton s’est enlisé dans des guerres intestines : gauche/droite, droite/droite, haut/bas, Villages/Villes, Ville/Ville… trop d’intérêts partisans tuent l’intérêt général, celui du Canton !

Alors, si on prenait un peu de hauteur… si on réfléchissait autrement : la Canton a 170’000 habitants. C’est l’équivalent d’un quartier d’une Ville dans le reste du monde. Le territoire aussi est exigu. Alors si on se considérait comme un tout et non pas comme une somme de parties. L’ensemble vaut toujours plus que la somme des parties ! Si on considérait le Canton comme une Ville à part entière avec ses zones d’habitations denses, ses parcs, etc. Si on prenait cette hauteur, on ferait tout de suite un effort sur les transports et tout le reste devrait suivre:
- les infrastructures, notamment les hautes écoles et les hôpitaux, doivent être réunis pour créer des centres de compétences performants. On traverse le Canton en 30 min. Peu importe où on les met !
- les Administrations, quels doublons entre Canton et Communes, doivent être repensées pour être performantes et efficientes ! Une nouvelle répartition des tâches entre Canton et Communes doit être envisagée et avec cela une répartition de l’impôt différente !
- une politique des investissements régie au niveau cantonal et basée sur le rayonnement cantonal
- un marketing territorial performant et intelligent axé sur l’accueil des entreprises mais aussi des familles et des personnes à haut revenu, car c’est avec eux qu’on finance l’action sociale.
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Alors que le RUNE (réseau urbain neuchâtelois) RUN pour qu’on puisse rapidement se profiler au niveau Suisse comme un Canton-Ville, comme une agglomération importante car y’en marre d’être considéré comme la périphérie de la périphérie…

C’est notamment sur ces points que j’espère voir travailler le Conseil d’Etat soutenu fermement par le Grand Conseil orienté vers une pensée résolument cantonale !
Les vieux réflexes de riches doivent être balayés ! Le Canton n’est plus riche ! Il est même pauvre ! Il faut le dire ! Il faut l’accepter ! Il faut agir en conséquence ! Les neiges d’antan ont fondu…

Alors travaillons… car le potentiel de ce Canton est énorme ! Sa qualité de vie aussi ! Il est temps de penser en commun pour le bien commun ! Il est temps de changer les mentalités au sein même de nos Autorités ! Seulement ainsi la confiance reviendra et avec elle la réussite !
Vive le PLR ! Vive notre Canton !

Julien Spacio