Vivre la Ville - Comptes 2017 : Ouvrir l’oeil

Publication : samedi 16 juin 2018

« Si Dieu nous a donné deux yeux, c’est pour qu’on puisse en fermer un de temps en temps », disait un ancien édile neuchâtelois. C’est ce qu’a fait le Conseil général de la ville de Neuchâtel lors de sa dernière séance en acceptant largement les comptes 2017 proches de l’équilibre. En effet, sans une réévaluation purement comptable et technique, les comptes 2017 auraient affiché un excédent de charges de l’ordre de 4,3 millions. En soi, la situation de la ville de Neuchâtel reste bonne mais ces comptes 2017, photographie de la situation actuelle, permettent de déceler quelques éléments sur lesquels il convient de revenir.

On constate pour la première fois depuis de très nombreuses années une diminution du nombre d’habitants bien que de nombreuses réalisations immobilières ont eu lieu ces derniers mois. La vigilance est ici de mise : notre réflexion doit porter sur la nécessité d’attirer de nouveaux contribuables en allégeant la pression fiscale.

 De même, à lire le rapport de la commission financière, on apprend que des transferts et des départs de sociétés ont eu lieu vers d’autres villes. Corollaire, le nombre de m2 vides dans le segment des magasins et locaux de vente est en forte augmentation. La ville de Neuchâtel perdrait-elle de son attractivité ? Là encore, il faut agir avec diligence : nous devons développer une politique proactive afin de combler ces départs.

Dans son programme politique, le PLR insiste depuis longtemps sur la nécessité absolue de réformes structurelles dans le but justement de renforcer cette attractivité. Or, que peut-on constater ? Dans l’administration communale, le nombre de postes en personnel a à nouveau augmenté. Certes, cette augmentation est relativement faible par rapport au budget notamment grâce aux efforts consentis dans le dicastère de la sécurité mais la tendance à la hausse d’année en année se confirme et elle a de quoi nous inquiéter.

Un autre point est essentiel aux yeux du PLR : la diminution de la dette. En 2017, celle-ci a été maintenue à 300 millions, c’est-à-dire sans diminution substantielle. Ceci a un impact direct sur les investissements qui n’ont été réalisés que pour moitié par rapport à ce qui avait été budgété. La question des investissements est primordiale pour renforcer l’attractivité de la ville. Il faut donc que la dette diminue.

Enfin, on constate une baisse des rentrées fiscales pour les personnes physiques. Il s’agit-là d’une question cruciale et délicate. À supposer que cette baisse soit la conséquence d’un appauvrissement de la population, le signal est gravement négatif. Une réflexion doit être menée sur ce sujet.

Aujourd’hui, la ville de Neuchâtel se trouve face à des défis majeurs : renforcement de son rôle de moteur de l’agglomération du littoral, aménagement du territoire, entretien de son patrimoine, investissements futurs. Pour tous ces enjeux, on parle de dépenses de plusieurs millions par année et c’est sans prendre en compte les reports des charges du canton. Toutes ces dépenses devront se faire sans péjorer la situation actuelle ni augmenter la pression fiscale sur les contribuables. Autant dire que cela ne sera pas simple et va demander beaucoup d’efforts. On ne pourra pas chaque année espérer une réévaluation comptable du patrimoine pour équilibrer les comptes. Des choix clairs doivent être effectués. La priorité doit porter sur la diminution de la dette, ce qui permettra de dégager les liquidités nécessaires au développement et au renforcement de la ville de Neuchâtel pour le bien de l’ensemble de sa population, celle du littoral et du canton. Si donc cette année, le Conseil général a bel et bien fermé un œil, le second reste grand ouvert : plus que jamais la vigilance reste donc de mise.

Ch. Schwarb