Vivre la Ville - Vu de la minorité

Publication : lundi 5 novembre 2018

 

Il n’est pas toujours aisé de faire partie de la minorité en politique. Voir ses propositions trop souvent balayées au vote par la majorité demande une dose certaine d’humilité et d’abnégation.

D’optimisme aussi, car nous ne désespérons jamais – et y parvenons parfois – d’infléchir les décisions de la majorité. Dans l’attente, qui sait, de la renverser un jour ?

Afin de vous permettre d’en juger vous-mêmes, voilà quatre exemples récents où la majorité a usé, ou abusé, de son pouvoir, à tort selon nous :

1) L’Espace Louis-Agassiz a été débaptisé. Alors même que la question était à l’ordre du jour du Conseil général et devait être discutée prochainement, le Conseil communal, estimant semble-t-il inutile d’écouter les débats de son législatif, lui a coupé l’herbe sous les pieds. Ce faisant, il n’a pas non plus jugé opportun de tenir compte de l’avis de la communauté scientifique, opposée dans sa grande majorité à ce révisionnisme politiquement correct. Couvert par sa majorité au Conseil général, il peut se le permettre semble-t-il.

2) Profitant d’un rapport d’information sur sa politique d’intégration interculturelle, l’exécutif a annoncé une énième augmentation de CHF 56'000.- annuels des subventions à charge de la Ville. Le PLR a demandé que cette augmentation soit compensée par une économie du même montant, estimant que les 20 millions de francs annuels alloués à la culture devraient le permettre aisément. Pour la majorité rose-verte par contre, rien à redire à cette nouvelle augmentation des dépenses publiques. Au moment du budget, qui ne manquera certainement pas d’être déficitaire, cette même majorité se félicitera pourtant à n’en pas douter des efforts d’économies réalisés. Il y a loin de la parole aux actes.

3) Dans le cadre du projet de transformation du Collège des Sablons en auberge de jeunesse, un concours d’architecture sera organisé, pour CHF 175'000.-, Le bâtiment est pourtant déjà bâti et de belle facture, les modifications intérieures à réaliser mineures, et les travaux publics pourraient très bien se charger des aménagements extérieurs. En plénum d’ailleurs, pratiquement tous les groupes ont exprimé des doutes sur ce concours. Au moment du vote par contre, seul le PLR a refusé le concours. Cette somme, comme d’autres, manquera à n’en pas douter lorsqu’il faudra financer les importants projets de rénovations qui s’annoncent.

4) A l’avenue du Vignoble, alors qu’elles viennent d’être refaites à neuf, toutes les places de parc seront supprimées prochainement. Celles de la Dîme et des Portes-rouges peuvent commencer à trembler. D’autres également sur l’axe Peseux-Hauterive, au nord de la voie ferrée. Le PLR a demandé avec insistance de tenir compte non seulement de l’intérêt des cyclistes, mais également de celui des habitants des quartiers concernés et de la vie de ces quartiers. Là aussi, seul contre tous. Le rouleau compresseur rose-vert, fort de sa large majorité, ne fait pas dans le détail quand il s’agit de supprimer des places de parc. 

Pour le groupe PLR,
Alexandre Brodard